Evaluation à trois ans de la souffrance psychique des employés d’une entreprise du tertiaire

S. FANELLO, A. ROUQUETTE, V. CHALVIN- GUERITAULT, E. PAROT-SCHINKEL Archives des maladies professionnelles et de l’environnement. - 2008. - Vol. 69. - N° 3. - Pages 448-454. - Bibliographie

Une première enquête a été menée en 2003 afin d’évaluer la souffrance psychique des employés d’une entreprise du tertiaire de 600 salariés. Elle a permis la mise en place d’une politique concertée d’amélioration des conditions de travail. Une seconde enquête transversale a été menée dans cette même entreprise trois ans plus tard.

287 employés tirés au sort ont été soumis à des questionnaires standardisés : le General Health Questionnaire (GHQ12), le Maslach Burnout Inventory (MBI), les premières questions correspondant à l’échelle de DUKE pour des modérateurs de stress et le Job Psychological Interaction Scale (JPIS) dans sa version française validée. Entre les deux enquêtes, différentes mesures ont été prises afin de traiter, de diminuer et de prévenir les causes de stress, utilisant à la fois des stratégies centrées sur l’individu et des mesures visant à réduire le décalage existant entre la personne et les exigences professionnelles dans six domaines : charge de travail, autonomie, reconnaissance, support social, conflit de valeurs et formation. Il apparaît que les niveaux de souffrance constatés en 2006 sont moins élevés qu’en 2003, avec une réduction significative de la détresse psychologique de l’ordre de 45 %, plus marquée encore pour la forte détresse (75 %). Les principales dimensions liées à la souffrance s’étaient modifiées entre les deux périodes : l’âge et la position hiérarchique dans l’entreprise n’étaient plus des facteurs déterminants de la souffrance. Il en était de même des formations et de l’équité au travail. Seuls persistaient, statistiquement liés à la souffrance psychique : la charge de travail, l’imprévisibilité des tâches et la valeur perçue du travail. Ces résultats suggèrent que « les efforts faits par l’entreprise en matière d’accompagnement aux changements (formations plus adaptées) et de management participatif doivent être maintenus et renforcés, notamment en ce qui concerne une meilleure participation des salariés au processus décisionnel, en accédant à plus d’informations concernant l’organisation du travail et en diminuant le niveau de tension et peut être d’insécurité »

(publié le 28 janvier 2009)