Intervention brève d’évaluation du stress perçu : ib-stress

E. PHAN CHAN THÉ Préventique Sécurité. - 2008. - N° 99. - Pages 88-92

La pression temporelle touche dorénavant tous les secteurs professionnels et tous les niveaux de l’entreprise. Les risques psychosociaux : stress, violences d’origine interne (problèmes relationnels, manque d’autonomie, harcèlement), violences d’origine externe (venant des clients) affectent non seulement la santé mentale mais aussi la santé physique, le bien-être et la production des personnes qui y sont soumises. Les facteurs organisationnels susceptibles de générer des contraintes pour les salariés tiennent à la situation macro-économique, aux évolutions sociologiques, à l’organisation du travail et où à la gestion des ressources humaines, à la qualité des relations du travail, ou à l’environnement matériel. « La prévention primaire (à la source) a pour objectif l’élimination ou le contrôle des facteurs de risque présents dans le milieu du travail en agissant sur les facteurs pour réduire leurs impacts négatifs sur l’individu ». Elle implique « une évaluation précise des populations les plus touchées, une implication des différents partenaires de l’entreprise et la mise en place des actions correctrices ». La prévention secondaire s’adresse directement aux individus, auxquels il est proposé des programmes destinés à les aider à gérer plus efficacement les exigences du travail.

Pour repérer les signes d’alerte, il existe un outil simple : l’intervention brève d’évaluation du stress perçu (IB-stress). Il comporte trois questions. La première concerne le niveau de stress perçu.

L’individu donnera une valeur comprise entre 1 et 10. La seconde question concernera les causes du stress actuel : professionnelle, extraprofessionnelle ou mixte et la troisième situe depuis combien de temps le niveau de stress existe (moins de trois mois ou trois mois ou plus). Le préventeur pourra alors apprécier le niveau de stress perçu : faible, moyen ou fort. La troisième question permet de distinguer le stress aigu du stress à court terme ou du stress à long terme. En effet, un état de stress aigu modéré n’est pas délétère pour la santé. Par contre, le stress chronique correspond à l’épuisement d’un organisme trop longtemps soumis à une hyperstimulation et donc à un excès de catécholamines et de glucocorticoïdes. Il est responsable de symptômes physiques, émotionnels et intellectuels et d’une aggravation des maladies cardio-vasculaires, des pathologies anxiodépressives ou des TMS. Ce test qui demande moins de 5 minutes permet des comparaisons intra-individuelles au cours du temps et des comparaisons interindividuelles.

(publié le 28 janvier 2009)