L’entreprise à l’épreuve du suicide

A.C. GEOFFROY Liaisons Sociales Magazine. - 2007. - N° 86. - Pages 26-31.
Face au suicide, les entreprises sont totalement démunies. Elles ont tendance à se réfugier dans le déni, renvoyant toujours les raisons du passage à l’acte dans la sphère privée. Dans l’urgence, elles ont recours à des cellules d’écoute où collaborent médecin du travail, assistante sociale et psychosociologue du travail. Les syndicats ne sont pas plus à l’aise, craignant de vouloir récupérer la mort du collègue pour faire passer des revendications. Numéros verts et autres hot lines se sont montrés inadaptés. Néanmoins, certaines entreprises commencent à s’attaquer au problème : création de groupes de concertation, cellules de veille, étude sur les facteurs de stress par un cabinet spécialisé avec l’objectif de déboucher sur un plan d’action, commissions paritaires santé et sécurité au travail. Les entreprises ont en effet intérêt à s’emparer du sujet rapidement. La responsabilité de l’employeur pourrait être engagée s’il ne peut pas prouver qu’il s’est sérieusement attelé au problème. Jusqu’à présent, les entreprises s’en soucient peu : trop rares sont les entreprises où les risques psychosociaux sont mentionnés dans le document unique.
(publié le 23 septembre 2008)