L’évaluation individuelle entraîne de très fortes pressions.

C. DEJOURS Entreprise et Carrières, 2007, n° 882, p. 32-33.
La souffrance au travail revêt actuellement de nouvelles formes. Autrefois, les conditions de travail étaient nocives pour le corps, aujourd’hui, elles le sont pour la santé mentale. La faute en est aux nouvelles formes d’organisation de travail et notamment à l’introduction de l’évaluation individualisée des performances. Le tissu de confiance et d’entraide s’est trouvé déchiré au profit du « chacun pour soi ». Les solidarités ont fondu. Selon C. Dejours, une « bonne évaluation jugerait la capacité d’un salarié à supporter les difficultés du travail et sa pugnacité à trouver la solution et à acquérir de nouvelles habilités ». Il propose l’évaluation des pairs, réputée sévère et rigoureuse, et notamment l’évaluation horizontale. « C’est une médiation pour sortir de la solitude ». Au travail, le plus important est la question de la convivialité et du « vivre ensemble ». « Ce sont ces espaces informels où les personnes se parlent, s’écoutent, produisent ensemble les règles de coopération ».
(publié le 23 septembre 2008)