Un nouveau risque professionnel ? propositions pour un consensus d’approche d’un « indicateur global de stress »

E. PHAN CHAN THÉ, G. ATTAL, D. ATTAL Préventique Sécurité. - 2008. - N° 99. - Pages 76-85

Le rapport Nasse-Légeron remis au ministre du travail en mars 2008 considère que « la lutte contre le stress doit se fonder sur un consensus partagé par tous les acteurs de l’entreprise ». Ce consensus doit se bâtir sur la constitution d’une information statistique scientifiquement organisée et expérimentalement éprouvée. Les auteurs du rapport préconisent « la construction d’un indicateur global tiré d’une enquête psychosociale  ». Cette enquête obligatoire se fera sous la forme de questionnaires auto-administrés de périodicité annuelle et permettra de suivre régulièrement le niveau global de stress ou de risques psychosociaux. Après avoir rapporté les notions de base concernant les indicateurs de santé et le stress (les réactions successives de l’organisme face à une situation stressante et les divers caractéristiques du stress), les auteurs proposent les composantes d’un indicateur global du risque psychosocial centré sur le stress. Il comporterait  :

  1. les caractéristiques du salarié, notamment son cursus laboris, son mode de vie, ses antécédents personnels et médico-chirurgicaux, ses signes cliniques et éventuellement des indicateurs biologiques (pour des sous-groupes de la population étudiée), et
  2. l’état de santé mentale du salarié, évalué à partir de certains signes généraux, fonctionnels et physiques ainsi que par divers instruments de mesure de l’état psychique. « L’IGS (indicateur global de stress) résulterait donc de l’observation simultanée de l’état de santé mentale du salarié et de l’exposition aux risques psychosociaux ». L’objectif est de constituer un « consensus d’approche » des risques psychosociaux. Il faudra tenir compte de certains troubles ou comportements étroitement liés à la santé mentale qui ont une forte prévalence dans la population générale, de certaines maladies chroniques, de la fatigue, des troubles du sommeil, de la consommation de substances psychoactives, de suicides sur le lieu de travail ou en lien direct avec le travail. Deux facteurs interviennent de façon importante : le développement psychologique de la personne et la répétition d’événements analogues. C’est ainsi que les deux approches de la prévention du stress au travail, individuel et collectif sont complémentaires.

C’est pour cela qu’il faut parler de risques psychosociaux et non seulement de stress.

(publié le 28 janvier 2009)