Charge physique, charge mentale : des contraintes aux astreintes

B. Kapitaniak Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2014, vol.9, n°1, 16-790-B-10, 9 pages. Bibliographie.

Les contraintes de travail se définissent comme des facteurs de charge agissant sur l’homme au travail.
Les contraintes primaires sont au nombre de cinq : les tâches, le temps, l’espace, l’environnement physique et l’entreprise.
Les contraintes secondaires ne sont pas directement générées par le processus de travail mais résultent de l’insertion de l’opérateur dans la vie sociale ; elles interfèrent avec le travail et peuvent être source de charge supplémentaire.

A ces contraintes, l’homme répond par des astreintes qui sont des réactions physiologiques (réactions adaptatives de l’organisme concernant le contrôle des fonctions vitales) et psychologiques (le sentiment subjectif de la charge), qui dépendent de l’importance des contraintes et des astreintes physiologiques mais aussi de la personnalité de l’opérateur, de ses préférences, de sa motivation, des normes sociales ....

Toute activité humaine comporte différentes tâches : les tâches physiques qui exercent sur l’individu des contraintes de type biomécanique (musculo-articulaire) et énergétiques et les tâches mentales qui exercent des contraintes dans le domaine du traitement de l’information au sens large, de type cognitif ou affectif. Et quelle que soit la prédominance musculaire ou mentale, les deux aspects coexistent toujours mais en proportions variables.

L’analyse du travail doit porter tout à la fois sur les contraintes (par l’intermédiaire d’entretiens, de l’observation directe, de mesures), les modes opératoires (autonomie ou hétéronomie), les astreintes physiologiques (utiliser différents paramètres afin de minimiser le risque d’erreur et utiliser des logiciels permettant de synchroniser les résultats des mesures d’astreinte avec l’observation de l’activité de l’opérateur enregistrée par vidéo) et les astreintes psychologiques (basées sur le recueil de réponses à des questionnaires et sur des enquêtes permettant d’évaluer les opinions des opérateurs vis-à-vis de la charge de travail d’une façon objective et quantifiée grâce au traitement statistique).

Mais au total, l’interprétation des résultats obtenus n’est ni facile, ni évidente car les données issues de la métrologie subissent une forte variabilité inter- et intra-individuelle et dans les conditions pratiques, il est rarement possible d’avoir un nombre de mesures suffisant pour un traitement statistique.
"La variabilité individuelle est encore plus importante quand il s’agit de l’astreinte psychologique. L’une des principales raisons en est le fait que le choix spontané et volontaire de la tâche ne dépend pas uniquement des aptitudes ou des capacités personnelles, ni de la personnalité, mais aussi des goûts individuels qui se prêtent difficilement à une analyse objective".

(publié le 26 mars 2014)