Ergonomie et maintenance des systèmes complexes : sécurité et santé des salariés

E. Fadier, E. Hermann, M. Mazeau Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2014, vol.9, n°2, 16-794-C-10, 9 pages. Bibliographie
" Tout d’abord, le taux de fréquence des accidents dans les activités de maintenance est une fois et demie celui de la moyenne constatée par la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM). Ensuite, le taux d’occurrence des maladies professionnelles hors troubles musculosquelettiques est six fois supérieur à la moyenne nationale. Le taux de mortalité est huit fois supérieur à la moyenne nationale, ce qui représente la valeur la plus élevée tous secteurs confondus et une mortalité supérieure à celle des métiers du bâtiment et des travaux publics... Enfin 18,6% des décès par accident concernent les métiers de la maintenance alors que ces derniers ne représentent que 2,5% des salariés de la CNAM".
Le problème est que l’activité de maintenance, qu’elle soit préventive ou curative ne peut être entièrement organisée à l’avance. Les procédures n’existent pas toujours et parfois, leur exécution stricte peut conduire à des accidents. Les aléas sont inévitables et l’opérateur "est confronté à des prises de décisions à forts enjeux, sous temps contraint et sans certitude totale sur la fiabilité des informations dont il dispose".
C’est aussi une activité à forte exigence physique (efforts, températures extrêmes, postures difficiles, situations inconfortables ou dangereuses), à fortes exigences mentales (gestion de la coactivité, gestion d’interventions non prévues ou de retards d’approvisionnement, gestion des absences de personnels spécialistes, intrication étroite entre activité de diagnostic et activités d’exécution, lacunes de la documentation écrite, installations de plus en plus grandes et de plus en plus complexes), à fortes exigences psychiques (en lien avec l’organisation du travail, les relations de travail, l’environnement physique et technique, l’évolution sociologique, l’environnement macro-économique de l’entreprise), à fortes exigences sociales (travail collectif entaché de difficultés liées aux communications, au mode de management, à l’organisation du travail, aux difficultés de représentation et de logique entre acteurs de production et acteurs de maintenance, initiatives d’opérateurs "voulant bien faire") et tout cela dans un environnement susceptible d’être dangereux.
Au total, la maintenance paraît un domaine prioritaire pour tous ceux qui veulent améliorer la sécurité des opérateurs. Tout concourt en effet à la dangerosité des opérations parce qu’elles ne sont pas standardisées et donc souvent imprévisibles.
(publié le 25 septembre 2014)