Interventions médico-ergonomiques en service interentreprises pour le maintien dans l’emploi : bilan de quatre ans d’expérience

M. Dupéry, J. Alcouffe, V. Delalande-Danet Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2012, vol.73, n° 6, pp.868-876. Bibliographie
Afin de favoriser le maintien dans l’emploi, certains services interentreprises de santé au travail se sont dotés, bien avant que cela ne devienne une obligation réglementaire, d’intervenants, médecins ou non, pour aider les praticiens de terrain, dans l’objectif d’apporter des solutions efficaces pour permettre aux salariés de continuer à travailler en dépit de leurs difficultés de santé.
C’est ainsi que dès 1971, l’ACMS (Association interprofessionnelle des Centres Médicaux et Sociaux de santé au travail de la région Île-de-France) employait un conseiller de sécurité non médecin, rejoint quelques années plus tard par un médecin conseiller en ergonomie. En 1993, un groupe d’études ergonomiques pluridisciplinaire (médecins, ingénieur, technicienne) a été mis en place dans l’objectif d’approfondir et de rendre plus efficace l’action des médecins du travail au bénéfice des entreprises et des salariés.
Les interventions sont réalisées à la demande du médecin du travail, en collaboration avec lui et avec l’accord du chef d’entreprise, tout cela sans surcoût financier. Ce groupe s’est scindé en 2007 en un groupe d’intervenants en prévention des risques professionnels (IPRP) non médecins et en un Groupe d’études spécialisées pour le maintien dans l’emploi et le diagnostic (GESMED), composé de médecins couvrant six spécialités : cardiologie, ergonomie et biomécanique, toxicologie, psychopathologie, radioprotection et maintien dans l’emploi.
Les demandes des médecins peuvent être satisfaites soit par un simple appel téléphonique, soit par un envoi de courriers ou de documents, soit nécessitent une intervention sur site d’un médecin du GESMED.
Il est rapporté dans cet article, six exemples d’intervention représentatifs de chaque domaine de compétence. Dans ce type d’intervention, la plate-forme Captiv® est souvent utilisée. Cette plate-forme permet de relier à une image vidéo quelque 8 paramètres de mesures instantanées.
Ces exemples d’intervention révèlent les qualités d’observation des intervenants, la rigueur de l’analyse, les compétences et l’expérience qui permettent d’aboutir à des améliorations des postes de travail ou de découvrir des risques professionnels jusque là insoupçonnés. Ils reflètent l’image de l’action du médecin du travail dans toute sa dimension. Le médecin porte le diagnostic d’une pathologie qui pourrait s’avérer en lien avec le travail. Son analyse précise du poste de travail lui permet de repérer les risques et in fine de proposer des recommandations visant à limiter, ou mieux supprimer, les risques professionnels.
Il apparaît bien qu’une "vision globale de l’homme au travail est indispensable pour résoudre des cas particuliers".
(publié le 18 février 2013)