Centres de tri
Ménager la prévention au milieu des déchets

C. Ravallec, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2010, n°705, p.16-30
Le tri des déchets ménagers est une activité en pleine expansion. La collecte sélective apparue au début des années 1990, augmente de 5% à 7% par an, pour atteindre une moyenne de 360 kg/personne/an. Même tendance pour les effectifs des métiers de la filière. Le Grenelle de l’environnement qui a fixé un objectif de recyclage de 75% des emballages distribués à l’horizon 2012 va conduire au traitement supplémentaire de 500 000 tonnes par an.
260 centres de tri de collecte sélective existent en France employant majoritairement du personnel longtemps éloigné d’une activité professionnelle.
Les conditions de travail sont relativement pénibles : si les charges soulevées sont relativement faibles, les cadences sont élevées. Se conjuguent précision des gestes, anticipation, vigilance, position debout prolongée, générant des troubles musculosquelettiques.
Les sources d’accidents du travail sont les piqûres ou coupures, les heurts, les écrasements par engins, les écrasements par presse à balles (sources d’accidents mortels).
Les risques biologiques sont une préoccupation récurrente : risque de piqûre et d’infection secondaire, allergie respiratoire, irritation chronique des voies respiratoires.
L’amélioration des conditions de travail passe par la recherche d’un bon compromis entre la mécanisation des centres de tri (meilleure productivité) et le maintien des emplois dans de bonnes conditions, ce qui suppose une meilleure conception des postes de travail et de l’organisation : pré-tri mécanique, ventilation et éclairage de l’atelier et des cabines de tri, hauteur des plans de travail, réduction du nombre de gestes à la minute, l’information des différents acteurs. Tout cela nécessite bon sens et prise en compte des remarques du terrain.
(publié le 21 juillet 2010)