Exposition aux bioaérosols des personnes de stations d’épuration : hiérarchisation des zones et tâches les plus exposantes et prévention

D. Forestier, E. Lecornet, L. Mosqueron, L. Lambolez Environnement Risques Santé, ERS, 2012, vol.11, n°2, pp.137-148. Bibliographie
Dans le secteur de l’assainissement, les mouvements des effluents au cours des différentes étapes de traitement conduisent à une aérolisation de l’eau avec une exposition possible des personnels. Si la voie principale d’exposition est donc la voie respiratoire, peuvent s’ajouter la voie orale (déglutition d’aérosols inhalés ou transferts main-bouche) ou la voie cutanée.
L’exposition aux bioaérosols a été mesurée au cours de l’été dans cinq stations d ’épuration des eaux usées (STEP) au niveau de points fixes, à proximité immédiate des ouvrages de traitement des effluents et lors de certaines tâches spécifiques. Un auto questionnaire a été proposé aux opérateurs volontaires à propos de la description a posteriori des travaux réalisés et du temps passé dans des conditions normales d’exploitation dans les différents lieux et zones de la STEP.
Cinq paramètres biologiques ont été étudiés : bactéries totales cultivables, bactéries Gram négatif, champignons totaux, endotoxines, légionelles.
Sur la base des résultats, une matrice de hiérarchisation des zones et tâches les plus exposantes a été construite en croisant les concentrations en bioaérosols mesurées et les données recueillies lors du suivi de l’activité des salariés.
Certaines zones ou tâches apparaissent prioritaires en termes de prévention. Il en est ainsi des zones de prétraitement des eaux usées (dans les bâtiments ou en zones confinées), des équipements de déshydratation des boues et des tâches utilisant le jet pour le lavage des ouvrages ou pour certaines phases d’exploitation, notamment au niveau des bassins de flottation des boues.
La prévention collective sera privilégiée : captage des polluants à la source, maintenance des systèmes de ventilation, organisation du travail visant à éviter les séjours prolongés dans les zones où les concentrations ont été mesurées les plus fortes.
Si l’exposition dans les zones prioritaires est impossible à éviter, le port du masque FFP2 est recommandé et pour le nettoyage au jet, le port systématique du masque, de gants, de lunettes et d’une combinaison est vivement conseillé.
(publié le 23 août 2012)