L’employeur peut-il pratiquer des tests de dépistage de stupéfiants ?

A. Meunier-Fages Entreprise et Carrières, 2015, n°1264, p.31
S’il est bien admis que l’employeur est autorisé à recourir à un contrôle d’alcoolémie sur le lieu de travail dans certaines conditions, la situation est plus compliquée quand il s’agit de dépister l’usage de stupéfiants à l’aide de tests salivaires qui "sont un prélèvement d’échantillons biologiques".
"Une cour d’appel a considéré que le recours à des tests salivaires de dépistage de stupéfiants portait une atteinte disproportionnée aux droits des personnes et aux libertés" en ce qu’ils contenaient des données soumises au secret médical et donc ne pouvant être pratiquées que par un médecin.
Ces tests par ailleurs ne seraient pas suffisamment fiables et ne permettraient pas de déterminer un seuil à partir duquel un salarié serait dans l’incapacité de tenir son poste.
Comment l’employeur pourra-t-il établir qu’un salarié est sous l’emprise de stupéfiants alors qu’il doit "prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés" ?
(publié le 2 février 2016)