Les espaces clos, des lieux à risques

P. Liogier Face au risque, 2009, n°453, p.29-33

Les espaces clos ou confinés ont généralement des voies d’entrée restreintes et sont peu adaptés à la présence de personnes. Or, un certain nombre d’intervenants sont susceptibles d’y pénétrer, qui pour la maintenance, qui pour l’entretien, qui pour le nettoyage. Dans ces espaces confinés, l’atmosphère peut être dangereuse (appauvrie ou excessivement chargée en oxygène, enrichie en gaz toxiques résultats d’une combustion, d’une réaction chimique ou biologique, de fermentations de matières organiques, de fuites de liquides toxiques …). S’y ajoutent des risques liés à d’éventuelles températures extrêmes, des risques d’incendie ou d’explosion liés à la présence de poussières ou de gaz inflammables, une topographie des lieux particulière, un encombrement. De nombreux secteurs sont exposés parmi lesquels les activités agricoles (cuves ou silos où fermentent des matières organiques), les industries agroalimentaires (installations de réfrigération, mélanges accidentels de produits incompatibles), la chimie et le raffinage (emploi d’azote), la collecte et le traitement des déchets, les réseaux d’eaux résiduaires (mettant en cause la production d’effluents gazeux par des réactions physico-chimiques ou des fermentations). Dans les mécanismes accidentels, on s’aperçoit que les défaillances organisationnelles sont largement prépondérantes par rapport aux défaillances matérielles avec notamment des analyses de risques inexistantes ou insuffisantes, des risques non identifiés de réactions chimiques entre substances incompatibles ou de fermentations anaérobies des déchets, des insuffisances d’encadrement et de suivi des travaux, des consignations ou des mises en sécurité d’installations inadaptées, la non-communication des plans d’intervention aux sous-traitants, de mauvaises conditions de travail, des consignes de sécurité insuffisantes, etc. L’identification et la prévention des risques ne peuvent relever que d’une véritable analyse préalable et d’une meilleure connaissance des procédures mises en oeuvre qui seront suivies de la mise en place de procédures spécifiques, d’instructions adaptées et commentées aux intervenants. L’implication de l’encadrement doit être totale dans la surveillance du déroulement de l’ensemble des opérations jusqu’à leur achèvement.

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(publié le 1er octobre 2009)