Travail à la chaleur

J. Malchaire Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 2014, vol.9, n°2, 16-782-A-10, 9 pages. Bibliographie
Le travail à la chaleur expose à des situations inconfortables, voire dangereuses avec un risque de déshydratation et de crampes de chaleur ou plus graves avec un risque de syncope et de coup de chaleur, potentiellement mortel.
La stratégie de gestion des ambiances thermiques de travail suppose d’appliquer la stratégie SOBANE : dépistage, observation, analyse et expertise.
Des mesurages seront bien évidemment effectués : les appareils seront étalonnés, l’endroit et la période de mesurage seront représentatifs.
Les trois indices de confort thermique pouvant être utilisés sont détaillés : Predicted Mean Vote-Predicted Percentage of Dissastisfied (PMV) qui prédit la valeur moyenne des votes de sensation thermique d’un grand groupe de personnes, l’indice Wet Bulb Globe Temperature connu depuis 50 ans mais plus accepté par tradition que réellement compris et l’Indice Predicted Heat Strain qui est un modèle mathématique du comportement physiologique à la chaleur d’un homme moyen.
Les expositions extrêmes à la chaleur requièrent une surveillance médicale personnalisée et une évaluation de la tolérance effective durant les deux premières semaines suivant l’affectation à un poste exposé. L’exposition d’un salarié non acclimaté doit être progressive sur les premiers jours et il doit bénéficier d’un encadrement renforcé. Bien évidemment les salariés seront formés et informés des risques, des symptômes avant-coureurs de situations de décompensation et des conduites à tenir. Lors de situation à risque, un monitoring de la fréquence cardiaque, de la température centrale et de la perte de poids sont conseillés.
La prévention passe par l’adaptation de l’organisation du travail et la réduction de la charge physique, les améliorations techniques (réduction de la température de l’air et l’humidité, de la vitesse de l’air, du rayonnement thermique) et la mise à disposition de vêtements adaptés aux conditions de travail et de boissons non alcoolisées, non gazeuses, non sucrées, non excitantes, à une température comprise entre 10°C et 15°C. Il faut privilégier le travail en équipe qui est un gage de sécurité (en cas de malaise éventuel) et "qui permet un partage du travail qui contribue à rendre tolérable des conditions sévères".
(publié le 25 septembre 2014)