Bon pour les patients, pas pour les soignants

K. Delaval Travail et Sécurité, 2019, n°801, pp. 42-43

En raison de plaintes de certains personnels soignants (fausses couches, céphalées) d’un CHU, qui incriminent le gaz MEOPA (mélange équimoléculaire d’oxygène et de protoxyde d’azote), comme étant à l’origine de leurs troubles, il a été sollicité les compétences de la Carsat Bretagne pour une étude.
Ce MEOPA est délivré aux patients par masque pour lutter contre la douleur lors de certains soins (notamment chez les enfants) et le personnel soignant est exposé lors de la diffusion de ce gaz à la faveur de l’expiration du patient ou par le masque pendant le soin.
Plusieurs dizaines de mesures de ce gaz ont révélé un niveau d’exposition moyen de 1 500 g/m3, alors que la valeur de référence pour le protoxyde d’azote est de 45 mg/m3. De surcroît, les locaux sont en surpression, ce qui permet au gaz de se disperser dans les couloirs.
Les mesures mises en place ont été les suivantes :

  • mise en dépression des salles de soins afin de confiner le risque,
  • équipement de toutes les salles de soins pédiatriques, de prises reliées aux systèmes d’évacuation des gaz anesthésiques, permettant d’éliminer le MEOPA non utilisé.

Après mise en place de ces aménagements, une nouvelle campagne de mesures a montré des chiffres divisés par deux mais encore supérieurs à la valeur de référence.
Il est alors ajouté des valves de délivrance à la demande entre le tuyau d’arrivée de gaz et le masque. Les chiffres chutent à 500 mg/m3, mais restent encore trop élevés. La Direction a alors décidé d’être précurseur en France et de tester un masque à double enveloppe, permettant de limiter les fuites de ce gaz.

(publié le 6 mars 2019)