Expérience de mise en place d’échauffements musculaires au poste de travail chez neuf arboristes-élagueurs

V. Tafforeau, A. Ranchoux Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2019, vol.80, n°6, pp. 503-516. Références
Neuf arboristes-élagueurs ont participé à la mise en place d’une expérience d’échauffements et étirements au poste de travail.
Le projet a été construit avec une équipe pluridisciplinaire (médecin du travail, infirmier en santé au travail, conseiller en prévention, kinésithérapeute), en prenant en compte les contraintes organisationnelles et physiques du métier.
La formation initiale s’est déroulée sur deux jours consécutifs pour chacun des deux groupes constitués respectivement de 4 et 5 élagueurs, avec un retour sur expérience 4 mois pus tard.
Elle a été complétée par un enseignement spécifique dispensé à trois référents volontaires avec la mission d’impulser ces exercices d’échauffement.
L’expérience a duré 8 mois. L’évaluation a été réalisée par une étude qualitative (via des verbatim) mais aussi quantitative, par l’intermédiaire de questionnaires validés par le médecin du travail.
Il apparaît que 7 salariés sur 9 ont acquis la bonne posture pour les charges lourdes et légères, et le verrouillage lombaire est acquis pour tous. La phase d’échauffement du matin connaît une bonne observance (réalisée trois à cinq fois par semaine pour six élagueurs) ; ce qui n’est pas le cas des étirements de fin de journée (moins de 3 fois pour 6 d’entre eux). Les agents estiment tous avoir eu un bénéfice global sur leur santé physique et intégré de bonnes pratique de prévention. La dynamique au sein du groupe s’est trouvée renforcée.
Le rôle central des salariés moteurs a bien été mis en évidence.
Si des difficultés ont néanmoins été rencontrées sur certains chantiers pour la mise en place des échauffements : bruit environnant, regard des autres, variations climatiques, contraintes organisationnelles et temporelles, l’action dispensée sur le temps de travail permet une bonne adhésion au programme. Le suivi par au moins un membre de l’équipe pluridisciplinaire a permis de renforcer le lien entre travail et santé.
(publié le 19 février 2020)