Hygiène du travail et prévention des risques : une science complémentaire à la médecine du travail

D. Vernez, M. Guillemin Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC,Pathologie professionnelle et de l’environnement, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2018, vol. 14, n°1, 16-001-A-30, 10 p. Références
L’hygiène et la médecine du travail ne sont que deux "spécialités" dans un vaste "univers" que l’on nomme "santé au travail".
Dans ce domaine, médecins du travail et hygiénistes sont des acteurs et partenaires essentiels et le développement de l’hygiène du travail à travers les siècles précédents n’est pas dissocié de celui de la médecine du travail.
Cette discipline qu’est l’hygiène du travail, vieille de près d’un siècle est née aux États-Unis et a obtenu une reconnaissance au niveau international, il y a environ 40 ans par le biais de l’OMS et du BIT. En France, cette discipline est peu développée et pour y remédier, ont été "créés" les intervenants en prévention des risques professionnels.
Née de la médecine du travail, l’hygiène suppose un travail d’équipe avec les spécialistes de la santé et sécurité au travail, dans le cadre de la pluridisciplinarité.
La démarche est la suivante : anticipation des dangers, détection et identification des dangers, évaluation des risques, maîtrise des risques. Il apparaît évident que l’objectif de l’hygiéniste est bien le même que celui du médecin du travail, mais l’abord est différent (le médecin du travail se focalise sur l’homme et l’hygiéniste sur l’environnement). Leurs actions sont complémentaires pour un même but : la protection de la santé et du bien-être du travailleur.
Le médecin du travail est aussi la sentinelle indispensable pour déceler l’apparition d’effets inattendus en regard des dangers identifiés ou non identifiés ; ces signes d’alerte déclencheront de nouvelles investigations de la part de l’hygiéniste. Il faut aussi compter avec les changements du monde du travail qui modifient la pertinence des approches traditionnelles.
L’approche de l’hygiéniste du travail répond à une logique d’analyse du milieu du travail mais il faut dans le futur, inclure aussi le risque sanitaire induit par l’environnement général et domestique et "réinventer les liens vers la santé publique".
(publié le 27 mars 2019)