Prévention de l’exposition au protoxyde d’azote sous forme MEOPA : l’expérience rennaise

C. Caetano, J. Passeron, A. Guilleux, E. Jouve, E. Jean, D. Aoustin, B. Delevoye, P. Cozic, M. Guillemot, E. Langlois Références en Santé au Travail, 2019, n°160, pp. 77-89. Bibliographie
Le MEOPA (mélange équimolaire de 50% d’oxygène et 50% de protoxyde d’azote) est utilisé dans l’analgésie d’actes douloureux de courte durée. Il se présente sous forme de bouteille de gaz comprimé. Il est principalement absorbé par inhalation puis rapidement distribué dans les tissus. Il est vite éliminé par les poumons et passe la barrière placentaire. L’exposition répétée au protoxyde d’azote (N2O) peut entrainer des atteintes neurologiques, hématologiques, hépatiques et rénales. Il existe des signaux d’alerte forts concernant la fertilité et le développement fœtal.
Depuis 2009, il peut être utilisé en France hors structures hospitalières.
Un seuil de 25 ppm ( 45 mg/m3) a été fixé qui ne doit jamais être dépassé ; mais des campagnes de prélèvement menées dans plusieurs établissements hospitaliers de France entre 2012 et 2016 ont montré que les taux étaient quasiment toujours beaucoup plus élevés, pouvant atteindre plus de 100 fois cette valeur.
A la demande du service de santé au travail, le service Prévention de la CARSAT Bretagne est intervenu pour réaliser des prélèvements atmosphériques de N2O aux urgences pédiatriques du CHU de Rennes lors de l’administration de MEOPA.
Les prélèvements ont été effectués au niveau des voies respiratoires du personnel hospitalier pendant la durée du soin (de 7 minutes à plus de 4 heures, médiane 18 minutes).
Au début de l’enquête, le MEOPA était administré selon le mode standard (masque à simple enveloppe, à valve classique et sans système d’aspiration ou d’évacuation spécifique des gaz). Les niveaux de N2O étaient très élevés, polluant les locaux adjacents, débordant largement le temps d’administration du MEOPA et malgré une aération naturelle ou une ventilation générale.
L’utilisation de nouveaux dispositifs d’administration de l’analgésique avec évacuation des gaz exhalés a permis de réduire l’exposition de 40% par rapport au système classique.
C’est finalement l’utilisation du masque à double enveloppe associé à une valve à la demande, raccordée à un dispositif dédié d’aspiration des gaz, qui a permis de réduire les concentrations de N2O.
(publié le 18 mars 2020)