Les paradoxes du stress en très petite entreprise

C. Maillard Le Concours Médical, 2014, n°10, p.812

Selon une étude sociologique menée par un groupe associatif, les salariés des très petites entreprises, TPE (employant moins de 10 collaborateurs) quand ils sont reconnus dans leurs efforts sont moins stressés et plus heureux que ceux des grandes entreprises, alors même que leurs conditions de travail sont moins bonnes. Tout cela parce que la valorisation de leur travail compense leur salaire plus faible et le manque de perspectives d’évolution de carrière.
"Si la dimension souvent familiale de ces entreprises et un facteur de protection contre le stress du fait de la proximité relationnelle bien plus forte que dans une grande entreprise......, elle peut aussi être inversement, source de tensions affectives voire de chantage affectif ou de dépendance".

Les dirigeants de ces TPE seraient-ils responsables du stress de leurs employés ? Il est certain qu’ils sont "eux-mêmes" stressés, ......inquiets pour la survie de leur entreprise mais réticents à résoudre leurs difficultés avec le collectif de travail, par peur de transmette leur stress aux salariés ou de perdre la face".

Chaque TPE doit trouver sa solution personnelle entre trop de paternalisme et trop de distance. Si le dirigeant doit garder la main quant à l’organisation du travail et jouer le rôle de médiateur, il doit savoir repérer les premiers signaux qui correspondent au stress adaptatif afin qu’il n’y ait pas basculement vers des signes plus graves tant somatiques que psychiques.

Aller mieux, c’est aussi communiquer avec son entourage. Il faut savoir aménager la charge de travail, garder le contact avec le salarié en arrêt, l’accompagner lors de la reprise, développer des attitudes positives dans le travail et proposer une approche écologique de la gestion du stress, à savoir développer les mesures hygiéno-diététiques, la relaxation, la remédiation cognitive, la gestion des émotions ou la médiation en pleine conscience (très en vogue aux États-Unis).

(publié le 29 décembre 2014)