Problèmes de santé mentale au travail et réintégration

Prevent Focus, 2015, juin-juillet-août, pp.16-19
L’IRSST (Institut de recherche canadien en sécurité et santé au travail) a mené une étude de cas à propos de travailleurs d’un centre de santé et de services sociaux ayant eu un problème de santé mentale en relation avec le travail.
L’étude s’inscrivait dans un contexte de métamorphose de l’organisation du travail et les travailleurs en arrêt de travail considéraient en grande majorité que les changements effectués au cours des dernières années avaient affecté leur travail et la qualité des rapports sociaux dans l’entreprise.
Les principaux facteurs d’influence de détérioration mentale identifiés par les travailleurs étaient une charge de travail élevée, le manque de soutien du supérieur hiérarchique direct (perçu comme un manque de considération mais parfois comme un simple manque de temps), une restructuration ou une réorganisation du travail conduisant à une perte du sens du travail et du lien avec les collègues voire une injustice dans la répartition des tâches ou des horaires.
Après un arrêt de travail, les préoccupations des salariés à l’égard du retour au travail sont la peur d’une rechute, la crainte de ne pas bénéficier du soutien du supérieur hiérarchique, le manque de reconnaissance de leurs compétences au travail et l’inquiétude sur la qualité de l’accueil qui leur sera réservée par leurs collègues.
Dans cette étude, chaque travailleur a bénéficié d’un plan de retour au travail, résultat d’une concertation entre le travailleur et son responsable hiérarchique direct et qui prenait en compte les éléments identifiés comme facteurs déclencheurs et les sources de préoccupation ciblées face au retour au travail.
Il est apparu que les interventions visant la prévention tertiaire (retour au travail) et mises en place pour encadrer individuellement un travailleur pouvaient avoir un impact sur la réflexion et la prise de mesures de prévention primaire favorables à l’ensemble des travailleurs.
Si cette mesure est efficace, il ne faut pas pour autant oublier la prévention et il est crucial de déployer un ensemble de solutions structurelles permettant de réduire les risques d’absentéisme.
(publié le 10 septembre 2015)