Dermatites de contact professionnelles chez les vétérinaires et les personnels de soins aux animaux

M-N. Crépy Références en Santé au Travail, 2016, n°146, pp.119-130. Bibliographie
Les dermatites de contact professionnelles observées chez les vétérinaires, le personnel des zoos et des animaleries sont des dermatites de contact d’irritation et /ou allergiques, des urticaires de contact et des dermatites de contact aux protéines.
Les principaux irritants sont les désinfectants, les détergents, le travail en milieu humide.
Les principaux allergènes sont les protéines d’origine animale (essentiellement de mammifères), les médicaments, les biocides (notamment dans les désinfectants) et les additifs du caoutchouc.
Les sources d’allergènes sont variées (phanères de bovins, liquide amniotique, liquide séminal, peau, poils, sang, salive, lait, urine, protéines de vers ou d’insectes, etc.)
La sensibilisation aux médicaments se fait via les substances utilisées en thérapeutique mais aussi comme additifs alimentaires. Il s’agit d’antibiotiques, de corticoïdes, de sels de cobalt (utilisés dans la synthèse de vitamine B12), de colorants.
Les additifs de vulcanisation sont une cause classique de dermatite allergique de contact (DAC) chez les vétérinaires, ainsi que les désinfectants et détergents, principalement les substances actives biocides, mais aussi les insecticides.
L’exploration d’une DAC passe par les tests épicutanés (batterie standard européenne et batteries de tests spécialisés, tests avec les produits professionnels de composition connue).
L’exploration d’une dermatite de contact aux protéines (DCP) et/ou d’une urticaire de contact (UC) repose sur la pratique de prick-tests avec les extraits standardisés, associée ou non à la recherche d’IgE spécifiques.
La prévention technique sera avant tout collective : suppression ou substitution des irritants et des sensibilisants par d’autres substances moins à risque, réduction de l’exposition aux allergènes, information sur les risques, formation aux règles d’hygiène habituelle et aux bonnes pratiques de lavage et d’antisepsie des mains.
La prévention individuelle passe par le port de vêtements de travail couvrants ou de vêtements de protection individuelle, de chaussures fermées et éventuellement de sur-chaussures, la limitation du travail en milieu humide, les soins aux mains, le port de gants de protection intacts, propres et secs à l’intérieur, tant pour le travail que pour les tâches ménagères ou le bricolage, l’éviction du port de bagues sur le lieu de travail et l’utilisation de gels hydro-alcooliques pour l’antisepsie des mains.
La prévention médicale suppose la réduction maximale du contact cutané avec les irritants et l’éviction complète du contact cutané avec les allergènes auxquels le patient est sensibilisé.
L’atopie est un facteur de risque de sensibilisation aux protéines d’origine animale.
La réparation se fait dans le régime agricole (tableau n°44) et dans le régime général (au titre des tableaux n°65, n°31, n°41, n°43, ou n°95).
(publié le 3 novembre 2016)