Evaluation de l’exposition des travailleurs de la nusiculture lors du traitement des noyers par le sulfate de cuivre.

J-M. Thibaudier, A. Fortune, S. Monteyremard Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2011, vol.72, n°3, pp.285-289. Bibliographie
Il a été réalisé une étude de l’exposition au cuivre (utilisé dans la lutte contre la bactériose du noyer) chez des opérateurs exerçant dans sept exploitations de la région de Grenoble lors du traitement des noyers. Ces opérations de traitements phytosanitaires sont généralement considérées comme très exposantes pour les opérateurs du fait des techniques employées, mais aussi de l’effet voute classique en arboriculture fruitière (la végétation formant une voute au dessus du tracteur, provoquant la retombée du produit pulvérisé).
Cette étude effectuée en 2010 a révélé en moyenne des taux de 16,85 µg de cuivre par m3 d’air et des taux de 19,6 µg/m3 d’air en retirant les périodes de mesure qui correspondent à des activités autres que l’application. En les exprimant autrement, l’exposition est de 0,02 mg/m3 d’air.
On est loin en effet de la VLCT (valeur limite d’exposition à court terme) du cuivre qui s’établit à 2 mg/m3 d’air.
Les conditions d’exposition apparaissent donc beaucoup moins délétères que celles prévues. L’explication qui peut en être donnée tient à la distance entre l’opérateur et le système de pulvérisation, les volumes d’air utilisés et leur vitesse, mais aussi un effet voute plus faible que prévu (feuillage des noyers peu dense à l’époque du traitement). Il est à remarquer également que tous les opérateurs ont veillé à ne traiter qu’avec de bonnes conditions météorologiques (la vitesse du vent mesuré pendant ces opérations n’a jamais excédé 1m/s). Il a été noté une absence de dérive au départ de l’épandage et donc pas d’embruns : c’est ainsi que les capteurs n’ont pas enregistré davantage de cuivre quand deux opérateurs se croisaient ou lorsqu’ils effectuaient le trajet retour sous les noyers déjà traités.
Il serait excessif de conclure que l’exposition des agriculteurs est faible. Il faudrait en effet réaliser de nouvelles études dans d’autres productions, avec des matériels différents et des traitements plus tardifs en saison (quand le feuillage est plus dense).
(publié le 5 octobre 2011)