Fièvre Q : étude de séroprévalence chez des professionnels d’élevage de petits ruminants dans le sud-est de la France

N. Garcia-Bonnet, E. Rigaud, E. Rousset, J-L. Champion, M. Marois, T. Rico, F. Blot, V. Barrière, Y. Cosset, G. Abadia-Benoist Références en Santé au Travail, 2013, n°136, pp.65-76. Bibliographie.
Une étude transversale descriptive de séro-prévalence a été menée chez des professionnels d’élevage de petits ruminants exposés à la fièvre Q.
La fièvre Q est une zoonose bactérienne dont le réservoir principal est constitué par les ruminants. L’infection est le plus souvent inapparente chez l’homme. Les formes symptomatiques vont du syndrome pseudo-grippal à des formes pulmonaires ou hépatiques. Le risque majeur est celui de complications lors de la grossesse chez les femmes enceintes et le développement d’une endocardite chez les sujets à risque.
En France, entre 2000 et 2009, 2 454 cas de fièvre Q aiguë ont été confirmés par le CNR (Centre national de référence des Rickettsia, Coxiella et Bartonella), à Marseille.
Les déclarations de fièvre Q en maladie professionnelle sont rares (80 cas entre 2002 et 2011) pour 350 000 professionnels potentiellement exposés.
Cette maladie se manifeste le plus souvent dans la population générale sous forme d’épidémies de plus ou moins grande ampleur, à partir d’une même source infectante et notamment dans le quart sud-est de la France mais aussi en Suisse (région du Valais).
L’étude a été menée dans deux départements (Alpes- de-Haute-Provence et Hautes-Alpes) auprès de professionnels d’élevages caprins laitiers investigués sur le plan vétérinaire, travaillant sur l’exploitation et de professionnels exerçant dans un élevage de ruminants voisin, situé dans un rayon maximal de 2 km.
Un questionnaire interrogeant sur les caractéristiques sociodémographiques, l’activité professionnelle, les facteurs d’exposition extra-professionnelle et les antécédents médicaux de fièvre Q a été complété d’une analyse sérologique chez les 126 sujets retenus pour l’étude et travaillant dans 59 élevages.
50 sujets étaient séropositifs dans cette étude, soit une séroprévalence de 36,5% (contre 5 à 8% dans la population générale à Marseille, mais des prévalences entre 30 et 36 % citées dans la littérature pour les éleveurs de bovins ou d’ovins et pour les employés à la sous-traitance de produits d’origine animale).
Dans cette étude, les sujets effectuant des tâches de curage/nettoyage des bâtiments étaient plus souvent séropositifs que ceux ne les ayant pas réalisées ; mais "il n’a pas été observé de concordance entre le statut sérologique des sujets et la typologie d’infection des élevages liée au niveau d’excrétion, établie par une étude vétérinaire précédente".
En conclusion, "dans un contexte endémique de fièvre Q, la sérologie ne peut être retenue comme un bon indicateur d’exposition pour ces professionnels d’élevage dont l’exposition est régulière et ancienne".
(publié le 18 février 2014)