Prévalence des symptômes respiratoires rhinopharyngés et ophtalmiques chez les employés de haras et de centres équestres : comparaison exposés non exposés

P. Pouzet, A. Morel, P. Cleren, D. Leportier Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2014, vol.75, n°2, p.135-142. Références
Afin d’étudier la prévalence des symptômes respiratoires, rhinopharyngés et ophtalmiques chez les personnes de haras et de centres équestres, une enquête transversale exploratoire a été réalisée auprès de 176 salariés (88 travaillant dans des haras ou des centres équestres : groupe exposé et 88 n’ayant aucune activité hippique : groupe non exposé), à partir des données recueillies par autoquestionnaire rempli par les salariés lors de leur visite de médecine du travail entre avril 2009 et janvier 2010 et remis au médecin du travail en main propre.
Le groupe exposé comprend l’ensemble des salariés qui travaillent auprès des chevaux (palefreniers, lads drivers, cavaliers, responsables de haras, moniteurs d’équitation) dans un haras ou un centre équestre.
L’analyse univariée montre dans le groupe exposé, des prévalences élevées en ce qui concerne la toux (22%), l’expectoration (22,7%), la toux et l’expectoration (37,5%) et les manifestations allergiques 61,3%) et la présence d’au moins un symptôme était de 80%. Ces valeurs sont plus élevées que celles du groupe non exposé.
Il n’y a pas de différence entre les différents symptômes des salariés de moins de 20 ans d’ancienneté au poste et les plus de 20 ans.
Par contre, il n’a pas été trouvé de différence significative concernant la prévalence de sibilants ou de dyspnée à la marche entre les deux groupes.
L’analyse multivariée montre (que l’on introduise ou non un facteur d’interaction entre l’exposition et le tabac), un risque de symptômes respiratoires plus élevé statistiquement dans le groupe exposé.
Cette étude bien que comportant des biais (caractéristiques différentes d’âge, de sexe, de consommation tabagique entre les deux groupes, faible effectif pris en compte, absence de prélèvements et d’analyses des poussières, absence d’épreuves fonctionnelles respiratoires et de tests allergologiques) donne des résultats comparables à ceux d’autres études sur le sujet (d’ailleurs peu exploré).
Sachant que 61% des sujets exposés utilisent des désinfectants pour le nettoyage des boxes, des créosotes pour la protection de clôtures en bois, des herbicides, des débroussaillants, les auteurs pensent qu’il serait judicieux d’explorer cette piste.
(publié le 25 septembre 2014)