Exposition professionnelle des viticulteurs aux pesticides arsenicaux : prévalences d’exposition entre 1979 et 2000

J. Spinosi, D. Jezewski-Serra, M. El Yamani Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2018, n°12-13, pp. 241-245. Références
Les pesticides arsenicaux sont des substances actives phytopharmaceutiques susceptibles d’engendrer des effets sanitaires graves dont des cancers.
Cette étude est la première à prendre en compte les expositions aux pesticides arsenicaux chez l’ensemble des travailleurs agricoles.
Les travailleurs agricoles de la viticulture ont été identités par le recensement agricole (RA), enquête décennale visant à connaître la structure des exploitations françaises. Des matrices cultures-expositions (MCE) ont été utilisées pour caractériser les expositions.
Entre 1979 et 2000, les effectifs exposés ont diminué de près de 40%, parallèlement à la baisse de plus de 50% des effectifs dans les exploitations viticoles professionnelles.
La prévalence d’exposition a augmenté parmi la main d’œuvre familiale et la main d’œuvre salariée des exploitations cultivant la vigne dans un but récréatif ou professionnel et chez celles cultivant la vigne dans un but exclusivement professionnel.
L’usage des pesticides arsenicaux est interdit en France depuis 1973 excepté l’arsénite de sodium autorisé en viticulture jusqu’en 2011 pour lutter contre l’esca (une maladie fongique incurable du bois).
Sachant qu’il n’existe pas de seuil d’exposition pour les produits cancérogènes et qu’une part importante des populations ayant travaillé dans des exploitations viticoles a été exposée, du fait aussi de la latence des effets cancérogènes, il est nécessaire de sensibiliser les médecins (du travail et généralistes), ainsi que les salariés à ce type d’exposition, pour un meilleur suivi post-professionnel et le cas échéant, une reconnaissance en maladie professionnelle.
(publié le 29 juin 2018)