Pressings : quelles alternatives au perchloréthylène ?

C. Patrascu Hygiène et sécurité du travail, 2013, n°233, pp. 6-9

"L’usage du perchloroéthylène dans les pressings va progressivement s’arrêter d’ici 2022 afin de limiter son impact potentiel sur la santé humaine et l’environnement".

Le perchloréthylène est un hydrocarbure volatil, quasiment ininflammable ayant la capacité de dissoudre un grand nombre de substances (huiles, graisses, résines). Il peut pénétrer dans l’organisme par inhalation des vapeurs, par ingestion ou par contact avec la peau.
Il peut être responsable d’une intoxication aiguë entraînant vertiges, somnolence, troubles respiratoires et du rythme cardiaque.
L’intoxication chronique provoque troubles de l’équilibre, maux de tête, troubles de l’élocution, troubles de la mémoire ou de la concentration, troubles hépatiques. Il a été classé cancérogène probable par le Centre International de Recherche contre le Cancer (groupe 2A).
Les machines neuves de dernière génération équipées d’un système automatique de raclage des boues et de filtres pour l’air de séchage ont réduit considérablement les pertes de solvant mais sont loin d’équiper tous les ateliers de nettoyage à sec de France.
Les mesures d’exposition réalisées dans les pressings donnent des chiffres élevés, justifiant la mise en place de mesures correctives.
Des solvants de substitution nécessitant des machines spécifiques ont inondé le marché ; ils sont globalement considérés comme moins dangereux pour la santé humaine mais les données toxicologiques disponibles ne permettent pas d’écarter tout risque. On les rend responsables pour certains, d’irritation des yeux et des voies respiratoires, pour d’autres de cancers de l’utérus (chez l’animal).
Ces substances sont moins volatiles que le perchloréthylène, donc elles s’évaporent moins et s’accumulent dans les textiles. Elles s’évaporeront lors du repassage (exposant l’opérateur) ou resteront dans le textile (exposant l’utilisateur). Ces solvants ont l’inconvénient d’être inflammables et combustibles. Les machines utilisant ces substances consomment plus d’eau et d’énergie.
Une autre alternative est l’aquanettoyage à l’eau mais les cycles de lavage sont plus longs (augmentant les consommations d’énergie), les opérations de détachage manuel sont plus importantes (exposant à de nouveaux risques chimiques), le linge plus froissé (réclamant plus de repassage, donc plus de risques de troubles musculosquelettiques).

(publié le 27 mars 2014)