Risques et prévention chez les coiffeurs

Prevent Focus, novembre 2013,pp. 14-17
L’article débute par une esquisse de la situation socio-économique des coiffeurs en Belgique. Ce secteur comprend 4 200 employeurs et 11 000 salariés, plus 13 000 coiffeurs artisanaux (n’employant aucun personnel).
Les entreprises sont de petite taille (généralement 2 à 3 travailleurs par salon) et près de 90% des coiffeurs sont des femmes, le plus souvent jeunes (85% ont moins de 45 ans, 50% ont moins de 30 ans). Un tiers des travailleurs du secteur est fumeur. Le turn over est important (25% des travailleurs arrivent sur le marché chaque année mais 25% en sortent). Les coiffeurs sont considérés comme des travailleurs peu qualifiés et suivent peu de formation au cours de leur carrière.
90 accidents du travail sont déclarés chaque année (soit 0,05% du nombre total d’accidents du travail). 80% des maladies professionnelles reconnues chez les coiffeurs sont des maladies de la peau. Mais les employés du secteur sont aussi nombreux à se plaindre d’irritation des voies aériennes supérieures, de troubles musculosquelettiques du dos, de la nuque ou des épaules.
Une revue de la littérature montre que l’eczéma des mains est un facteur significatif pour quitter le métier de coiffeur.
La politique de bien-être pour les coiffeurs met l’accent sur l’importance de l’analyse des risques qui doit constituer la base de la politique de prévention.
Une enquête auprès de salons de coiffure belges et d’acteurs importants du secteur de la coiffure a été menée. Sur les 88 répondants, 60% étaient des gérants, 30% des salariés et 6% des coiffeurs en formation. Cette enquête révèle que les coiffeurs souffrent de leurs conditions de travail et se plaignent de problèmes de peau, de lésions liées à une surcharge physique, de problèmes respiratoires, de jambes lourdes, de stress.
70% des participants à l’étude répondent qu’il n’ont pas eu connaissance d’une analyse des risques dans leur salon ; 5 répondants l’ont fait eux-mêmes. Certains pensent que ce n’est pas nécessaire dans un salon de coiffure et nombreux se demandent bien comment ils auraient pu procéder.
Mais les gérants sont conscients du fait qu’ils sont responsables du bien-être de leurs travailleurs. Ils ne souhaitent pas disposer d’un instrument d’analyse des risques mais réclament essentiellement des informations pratiques et des solutions concrètes, notamment des campagnes de sensibilisation, un enseignement et des formations, une action envers les fournisseurs et les producteurs, une action des pouvoirs publics et des inspections.
(publié le 30 janvier 2014)