Esthéticiennes : souffrir pour être belle

R. Le Saint Liaisons Sociales Magazine, 2016, n°174, pp.54-56

En France, 77 000 personnes travaillent dans le secteur de la beauté, dont 31 500 esthéticiennes salariées dont la moyenne d’âge est de 26,7 ans. La pression du temps est importante, la contrainte physique intense, les gestes répétitifs (facteurs de TMS), l’exposition aux agent chimiques régulière et l’hygiène parfois précaire.
Il est difficile d’identifier les produits nocifs car les cosmétiques sont exemptés d’étiquetage. Il a fallu des émissions télévisées grand public pour que les esthéticiennes perçoivent le risque.
La protection est rare (peu de masques et peu de gants).
Il existe une convention nationale, celle de l’esthétique-cosmétique, mais le dialogue social semble peu nourri. Les salaires sont proches du SMIC mais il y a peu de contrats précaires (2/3 du personnel est en CDI) et la façon la plus courante d’entrer dans la profession reste l’alternance.

La pose et la décoration d’ongles reste un secteur à haut risque, tant pour le salarié que pour le client : pas de formation obligatoire pour exercer en France, hygiène pas toujours respectée, produits utilisés parfois bas de gamme et non destinés au corps humain mais il ne faut pas généraliser car la plus grosse enseigne du secteur utilise les méthodes de la prothèse dentaire.

L’INRS s’intéresse à la prévention en matière d’esthétique et recommande la substitution des produits dangereux par des substances moins nocives, la mise en place de systèmes de ventilation ou de hottes aspirantes ou au moins le port de masques et de gants. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) est aussi en première ligne et se penche sur le sujet.
Nombreuses sont les esthéticiennes à vouloir créer leur propre affaire, mais en pratique, la chose n’est pas si aisée, même si des formations et des certifications qualifiantes existent.

(publié le 2 décembre 2016)