Risques professionnels et grossesse dans les métiers de la coiffure et de l’esthétique : enquête auprès des médecins du travail sur leur pratique

A. Champarnaud, B. Courbière, J. Perrin, F. Bretelle, I. Sari-Minodier Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2017, vol.78, N°6, pp.485-497. Bibliographie

Le taux de féminisation des professionnels de la coiffure et de l’esthétique est très élevé ( 95,3%) et il s’agit pour la plupart de femmes en âge de procréer.
Une étude menée auprès de 92 médecins du travail dont 46 ont déclaré être en charge du suivi de professionnels de la coiffure ou de l’esthétique a révélé que seulement 8 d’entre eux avaient été confrontés à des questions en lien avec la grossesse dans ce secteur. S’agit-il véritablement d’une absence de difficultés ou plutôt d’une insuffisance du nombre de grossesses portées à la connaissance des médecins ?
Les médecins ont néanmoins signalé avoir des difficultés dans l’identification des composants des produits cosmétiques dans la mesure où ces produits ne sont pas soumis au règlement européen et les fabricants ne sont pas contraints à proposer des fiches de données de sécurité (FDS) ; mais ils doivent par contre indiquer la composition qualitative de ces produits sur les conditionnements.
Dans ce secteur, le personnel est exposé à des nuisances chimiques et les principaux agents en cause sont les persulfates de sodium, potassium et ammonium, l’eau oxygénée, l’ammoniac ou les tensio-actifs, mais la liste est loin d’être exhaustive.
A cela s’ajoutent des contraintes posturales et articulaires importantes.

Il apparaît que la prévention vis-à-vis des femmes enceintes pourrait être améliorée, notamment en termes d’informations, de formation, d’équipements de protection mais aussi en termes de dispositions relatives à la protection des femmes enceintes, à savoir aménagements de postes, changements temporaires d’affectations, etc.
De surcroît, les connaissances vis-à-vis des risques étant insuffisantes, il est nécessaire que des études complémentaires soient menées.

(publié le 7 février 2018)