Analyse de la mortalité prématurée dans le secteur de la construction

A. Thuret, B. Geoffroy-Perez, D. Luce, M. Goldberg, E. Imbernon BEH, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2009, n°30, p.325-328. Bibliographie

Une étude a été réalisée à partir d’une cohorte fermée correspondant aux travailleurs de sexe masculin, âgés de 20 à 64 ans se déclarant dans le secteur de la construction au recensement de 1968. L’analyse de la mortalité prématurée a été restreinte à la période 1974-1999 et aux hommes nés sur le territoire français métropolitain. La population d’étude comprenait 97 981 hommes, dont 12 788 actifs dans le secteur de la construction. Il apparaît que les travailleurs de la construction présentent par rapport à la population générale française, un risque accru de mortalité prématurée ainsi qu’une surmortalité significative par cancers notamment par tumeurs buccopharyngée, de l’appareil digestif et du péritoine, de l’appareil respiratoire, ou encore par certaines maladies non cancéreuses telles que les maladies cérébrovasculaires et celles de l’appareil digestif. On note également un excès de mortalité par accidents, en particulier par chutes accidentelles, un excès de risques pour les maladies infectieuses, cardiovasculaires, digestives , respiratoires. L’analyse par catégorie socioprofessionnelle montre que les excès de risques sont essentiellement observés chez les ouvriers. On retrouve parmi les facteurs de risques la propension à la consommation abusive d’alcool et de tabac. Cependant ces facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls les excès observés et certaines études suggèrent le rôle des expositions professionnelles notamment l’exposition aux cancérigènes connus (amiante, silice, poussières de bois). Il serait également judicieux "d’étudier plus finement les professions de ce secteur industriel en tenant compte des facteurs de risques extra professionnels, afin d’expliquer les excès de mortalité retrouvés chez les travailleurs de la construction".

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(publié le 14 décembre 2009)