Exposition aux poussières sur les chantiers de démolition

B. Courtois Hygiène et sécurité du travail, 2015, n°238, pp.64-66
Une campagne de mesures a été réalisée sur dix chantiers par quatre laboratoires de chimie des Carsat Aquitaine, Nord-Est et Normandie et de la Cram Île-de-France.
Deux grands types d’activité ont été pris en compte : les chantiers de curage concernant des pavillons récents et les chantiers de démolition sur des bâtiments anciens construits avant 1949, à usage d’habitation ou tertiaire et sur des bâtiments d’habitation en béton datant des années 1960 et 1970. Le travail sur ces chantiers est manuel et nécessite beaucoup de main d’œuvre.
Les chantiers de curage sont ceux pour lesquels on observe les expositions aux poussières les plus importantes (en moyenne : 3,7 mg/m3). Les opérateurs sont en premier lieu, exposés à la fraction inhalable des poussières (c’est à dire toutes les poussières ayant un diamètre inférieur à 100 µm pour des particules sphériques de densité 1), et ce, surtout dans les bâtiments anciens. Les chantiers de curage des bâtiment anciens montrent des expositions au plomb mais des expositions très faibles voire nulles à la silice cristalline. Lorsqu’il s’agit de pavillons récents, l’exposition aux fibres minérales d’isolation est modérée (en moyenne 0,28 fibre/litre).
Les chantiers d’abattage ou d’écrêtage réalisés en plein air conduisent à des expositions plus faibles (en moyenne inférieures à la VLEP), y compris pour le quartz.
Les expositions les plus fortes sont retrouvées lors de l’abattage de murs mitoyens à l’aide d’outils portatifs (exposition significative au quartz) ou lors de la découpe au chalumeau d’éléments métalliques (fortes expositions au plomb).
Dès lors, il paraît important de sensibiliser les maîtres d’ouvrage à la nécessité de prendre en compte la prévention des risques liés aux poussières et ce, dès la phase des appels d’offre.
(publié le 16 juillet 2015)