Risques professionnels dans le bâtiment et les travaux publics

J.F. Boulat Encyclopédie Médico Chirurgicale, EMC, 2008, Elsevier, Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Pathologie professionnelle et de l’environnement, 16-539-A-10, 10 pages

Le BTP (Bâtiment et travaux publics) est avant tout une activité de main d’œuvre employant 72,7% d’ouvriers, 16,6% d’employés, techniciens et agents de maîtrise, 10,7% d’ingénieurs et assimilés cadres. « Le monde du BTP est chaleureux et la solidarité est un trait marquant. Le travail en équipe reste au premier plan ». L’activité n’est pas strictement manuelle. Les opérateurs accomplissent une grande quantité de tâches à forte charge mentale tandis que la fonction relationnelle a son importance. De même, ils doivent disposer d’une réelle capacité d’autonomie. Pour une meilleure sécurité, la loi oblige à la désignation d’un coordonnateur de chantier pour assurer la concertation tout au long des phases de conception et de réalisation du projet. La surveillance médicale renforcée est dirigée en fonction de l’évaluation des risques. D’une façon générale, les accidents du travail sont plus fréquents et plus graves dans le BTP que dans les autres secteurs. Les causes les plus fréquentes sont les chutes de plain-pied, les chutes de hauteur, les effondrements, éboulements et chutes d’objets, les opérations de levage, l’utilisation d’engins, de machines et outillages, l’électrisation et l’électrocution, les déplacements. Les accidents les plus graves sont le plus souvent la conséquence de manutentions manuelles (26%) et de la configuration des emplacements de travail (chutes de plain-pied et chutes de hauteur). La mortalité reste élevée (158 accidents mortels en 2006). Les victimes sont principalement les employés du gros œuvre et ceux âgés de plus de 45 ans. Les maladies professionnelles sont en hausse et notamment les affections périarticulaires en lien avec la manutention manuelle, les postures, les gestes répétitifs. A tout cela, s’ajoutent « des expositions réelles mais aléatoires et discontinues le plus souvent » à des nuisances physiques (bruit, vibrations, poussières, fibres) et chimiques. Dans l’évaluation des risques, il faut aussi intégrer les facteurs environnementaux (ambiance climatique, éclairage) et les facteurs organisationnels. Les techniques vont évoluer et des innovations sont attendues, améliorant les conditions de travail : préfabrication en atelier, automatisation des matériels effectuant des tâches répétitives ou de manutention limitant l’intervention du personnel, amélioration des sièges des engins, de la stabilité des nacelles, grues à tour intelligentes, creusement traditionnel remplacé peu à peu par le tunnelier, utilisation de bétons autoplaçants permettant d’éviter le vibrage, d’enrobés bitumineux rendant les chaussées quasi éternelles, etc.... Si les conditions de travail vont de ce fait s’améliorer dans ce secteur, il faut garder à l’esprit qu’un chantier est toujours un prototype et que les nouvelles technologies ne seront pas applicables dans toutes les situations. La tendance actuelle est à la généralisation des matériaux à faible impact environnemental et sanitaire. L’objectif est de ne pas reproduire les erreurs liées à la contamination des utilisateurs et de l’environnement par des substances toxiques (amiante, plomb, éthers de glycol, etc..). Attention tout de même car « les technologies de la construction évoluent plus vite que l’avancée de nos connaissances de leurs effets sur la santé. La veille sanitaire et technologique est bien une obligation dans le BTP ».

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(publié le 2 décembre 2008)