Etude épidémiologique des blessures chez les cordistes français

B. Vignal, B. Soulé, I. Rogowski Université Lyon 1, Laboratoire sur les Vulnérabilités et l’Innovation dans le Sport (L-ViS), 2017, 40 pp.

Une équipe universitaire s’est intéressée aux cordistes afin de mieux connaître leur activité professionnelle et leur état de santé.
Un questionnaire a été construit permettant de retenir 478 réponses.
Les cordistes sont en majorité des hommes jeunes (moyenne d’âge 34 ans), athlétiques, qui se situent dans la tranche de "corpulence normale". Ils sont 81% à avoir une pratique sportive régulière (60,5% dans la catégorie outdoor), mais ne sont pas des adeptes de réveil musculaire avant la journée de travail.
Ils ont une alimentation qu’ils jugent équilibrée et sont 15% à consommer de l’alcool quotidiennement (comme dans la population nationale). 57% fument régulièrement et 42% sont des usagers de drogues douces.
Ils sont relativement diplômés comparativement aux autres professionnels du secteur du BTP.

Leurs activités professionnelles sont variées, allant de la purge de falaise au nettoyage de bâtiment en passant par la peinture, la maçonnerie, le nettoyage de vitres, etc... et ils utilisent une grande diversité de matériels dont des outils percussifs, tranchants ou vibrants.

Bien que leur métier soit physique et parfois contraignant, 83% des cordistes sont globalement satisfaits de leur planning de travail et 98,5% de leurs relations avec leurs collègues. Contrairement à une idée reçue, ils travaillent généralement près de leur domicile (ils font moins de 50km par jour pour aller travailler) sauf pour certains gros chantiers qui demandent un déplacement à la semaine.
Le métier de cordiste demande un engagement physique et mental au cours de la journée de travail qui se traduit par un ressenti de fatigue très fréquent. " Le cordiste ne semble pas connaître de demi-mesure : soit son mode de vie est orienté vers une soutenabilité (pas de pratique addictive, alimentation saine par exemple), soit il semble être "jusqu’au-boutiste".
Leur carrière est relativement courte avec une sortie prévue en moyenne à l’age de 47,6 ans ( ± 10,1). Ils sont 65% à rechercher des défis et le dépassement de soi dans leur activité professionnelle.

Les blessures aux mains représentent 12% et les lombalgies 18%.
La majorité des blessures sont de nature articulaire/ligamentaire et musculaire/tendineuse et touchent en priorité épaules et genoux. Ces blessures sont responsables d’une interruption d’activité professionnelle dans 49% des cas. 25% des arrêts durent moins de 8 jours, 25% durent de 8 à 21 jours, 25% de 21 à 86 jours et 25% plus de 86 jours.

Quelles pistes de prévention ?

  • planification des chantiers favorisant une diversification des tâches
  • réduction des contraintes professionnelles alternant des temps d’effort et de repos
  • optimisation des équipements
  • gestion optimisée de la récupération physique et mentale en fin de journée (étirements passifs, auto-massages)
  • amélioration de l’hygiène de vie des cordistes (limitation des pratiques addictives..)
  • prévention de l’engagement excessif des cordistes en général.
(publié le 16 novembre 2017)