Surveillance des étancheurs

R. Garnier Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2019, vol.80, n°2, pp. 141-143. Références

Les travaux d’étanchéité réalisés sur les toitures exposent aujourd’hui principalement aux bitumes. Les bitumes sont essentiellement constitués d’hydrocarbures de 25 carbones ou plus, aliphatiques, alicycliques et aromatiques, mais aussi d’hétérocycles azotés, oxygénés et soufrés et de métaux.
Les températures habituelles de 270° permettent la libération de vapeurs qui en se refroidissant produisent des fumées irritantes pour les yeux et les voies aériennes. Une exposition répétée favorise les risques de pathologies respiratoires et d’hyperréactivité respiratoire.
Les contacts cutanés favorisent les dermites d’irritation et les risques de brûlure
Certains composants des bitumes sont génotoxiques.
Plusieurs études épidémiologiques ont montré un excès de risque de cancer broncho-pulmonaire mais pas toujours significatif.
Le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l’exposition aux fumées de bitume chez les couvreurs dans le groupe 2A (travaux probablement cancérogènes pour l’homme).
Les couvreurs qui interviennent pour déposer ou réparer des revêtements anciens peuvent être exposés à des poussières et des fumées de goudrons de houille riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques plus cancérogènes.
Les étancheurs sont aussi exposés à des isocyanates.

La surveillance sera à visée dermatologique, respiratoire et urologique ( cancers des voies urinaires).
Un cliché thoracique et une boucle débit-volume en début d’exposition sont recommandés (à renouveler si nécessaire).
Le dosage du 3-hydroxybenzo(a)pyrène (3-OHBaP) est un bon indicateur pour la surveillance de l’exposition aux HAP cancérogènes.
Le dosage du 1-hydroxypyrène ou des naphtols urinaires permet d’assurer la traçabilité des HAP plus légers.

(publié le 16 septembre 2019)