Mise au point sur les risques toxiques lors de l’utilisation professionnelle des photocopieurs

C. Desmond, C. Verdun-Esquer, M.Rinaldo, A. Courtois, M. Labadie Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol. 76, n°5, pp.498-491. Bibliographie
"Le fonctionnement d’un photocopieur est basé sur l’électrophotographie, le transfert électrostatique de toner (encre réduite en poudre) initialement vers une surface photoconductrice chargée électriquement, puis secondairement vers une feuille de papier. Schématiquement, les photocopieurs sont composés d’un toner, d’un tambour photoconducteur, de rouleaux chauffants".
Lors des processus d’impression, différentes émissions se produisent, dont de l’ozone, des particules de toner de 2 à 10µm de diamètre, composées de copolymère de styrène et d’acrylate et associées à des pigments, des composés métalliques, des composés organiques volatils, des particules ultra-fines de diamètre inférieur ou égal à 100 nm. Le niveau d’exposition varie en fonction du modèle du photocopieur mais les études publiées montrent que les molécules émises se situent toutes en dessous des valeurs limites d’exposition en vigueur.
Les études sur les animaux montrent que des doses très importantes sont nécessaires pour déclencher une inflammation pulmonaire associée à une fibrose mais aucune tumeur n’est apparue chez l’animal.
Chez l’homme, une exposition sur le long terme peut engendrer un stress oxydant ainsi qu’une inflammation systémique, ce qui pourrait entraîner selon les auteurs un risque plus élevé pour le développement d’une pathologie cardio-vasculaire et pourrait être à l’origine d’anomalies au niveau cellulaire comme des altérations de l’ADN et des aberrations chromosomiques.
Les plaintes rapportées par les salariés sont des irritations oculaires, nasales, des voies aériennes supérieures, des céphalées et une asthénie, sans qu’aucun de ces signes ne soit responsable d’anomalies objectives sur les différents examens pratiqués. Dès lors, il n’est pas possible d’établir une relation causale entre l’exposition aux émissions des photocopieurs et des pathologies respiratoires chroniques et cancéreuses.
Des études supplémentaires sont nécessaires.
Une surveillance en santé au travail devrait raisonnablement comprendre une information des travailleurs sur les risques, la surveillance de l’apparition de symptômes respiratoires, ORL et généraux et la réalisation d’une EFR de référence. Parallèlement pourraient être réalisées des mesures atmosphériques d’ozone et de composés organiques volatils.
(publié le 2 février 2016)