Les risques professionnels dans le secteur éolien,
article suivi d’un reportage sur la sécurité à bord d’un câblier.

Prevent Focus, 2014, novembre, pp.16-20

Les données concernant les risques professionnels sont encore rares sur ce secteur de l’énergie éolienne.
Cependant, des chercheurs canadiens ont procédé à une veille internationale et ont analysé 148 accidents survenus à travers le monde ayant impliqué 287 travailleurs.
Le secteur de la construction bénéficie d’une bonne organisation et d’une durée de réalisation courte et totalise pour ces raisons beaucoup moins d’accidents (32) que la maintenance des installations.
Le transport est pourvoyeur de nombreux accidents (23 accidents routiers) et la mer impliquant bateaux et barges pour les parcs éoliens off-shore a concerné 113 travailleurs au cours de 4 accidents.
La maintenance des installations est responsable de chutes de travailleurs (24), en lien avec le travail en hauteur, d’accidents liés à l’omniprésence d’électricité sous haute tension (16), de lésions liées aux chutes d’objets (14) et aux chocs (13) en raison de pièces en mouvement dans un espace restreint, d’explosions (2).

Ces nouvelles technologies créent de nouveaux métiers dont celui de câbleur offshore chargé de tirer des câbles depuis la côte vers le parc éolien, puis de les enfouir dans le fond marin et de relier les éoliennes entre elles.
Les conditions climatiques sont un élément important à prendre en compte et il peut arriver aux équipes de rester une semaine sans pouvoir travailler avec obligation de maintenir le bateau à l’abri dans une baie. C’est peut-être à ce moment que la situation est la plus critique car l’équipage s’ennuie et cohabiter à 55 personnes dans un espace réduit a des conséquences psychosociales.
Hisser et gréer sont les principales manipulations pourvoyeuses d’accidents tout comme l’entretien qui nécessite de désactiver les équipements sous tension.
Le manque de place sur les navires est aussi un facteur d’accident : trébuchement, coincement, etc.. La zone de travail sera délimitée et le rangement sera primordial.
La promiscuité favorise la contamination des maladies infectieuses et une grande importance doit être accordée à l’hygiène (lavage des mains, usage du gel hydralcoolique).
Le travail est organisé en journées de douze heures, 7 jours sur 7 pendant quatre semaines. L’équipage change deux fois par semaine, ce qui permet de ne pas toujours travailler avec les mêmes personnes, ce qui aide à éviter la routine et à rester vigilant. Le risque est aussi celui de tomber à la mer lors de l’embarquement ou du débarquement, le câblier étant ancré en pleine mer et le transfert à bord se faisant à l’aide d’un navire de petite taille facilement ballotté par les flots.
Un infirmier est toujours présent à bord et tous les membres de l’équipage suivent une formation particulière à la sécurité, aux premiers secours, à la lutte contre l’incendie et aux techniques de survie.
Le respect mutuel à bord des bateaux est essentiel car il est indispensable d’établir une relation de confiance avec les collègues.

(publié le 26 février 2015)