Mortalité par affections du système circulatoire et exposition à de faibles doses de radon dans l’enquête française de cohorte des mineurs d’uranium, 1946-1999

Mortality from circulatory system diseases and low-level radon exposure in the French cohort study of uranium miners, 1946-1999 S Nusinovici, B Vacquier, K Leureaud, C Metz-Flamant, S Caër-Lorho, A Acker, D Laurier Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2010, vol 36 n°5, pages 373-383. Bibliographie.

Le peu d’études examinant le risque d’affections du système circulatoire (ASC) associées avec les radiations ionisantes ont obtenu des résultats inconsistants. Le radon, cancérogène pulmonaire connu, émet des radiations ionisantes. Le but de cette enquête française était d’examiner la mortalité par ASC dans la cohorte française des mineurs d’uranium et d’évaluer la plausibilité d’une association avec l’exposition au radon.

La cohorte incluait des hommes employés comme mineurs d’uranium depuis au moins un an entre 1946 et 1990. Les auteurs ont obtenu leur statut vital et leur cause de décès à partir des registres nationaux et ils ont reconstitué leur exposition au radon pour chaque année. Les relations risque-exposition ont été estimées au moyen d’un modèle linéaire d’excès de risque relatif (ERR) utilisant des périodes de temps de 5 ans.

La cohorte comprenait 5 086 mineurs, suivis pendant une durée moyenne de 30,1 ans. L’exposition cumulée moyenne des mineurs exposés au radon était de 36,6 mois travaillés au niveau moyen (MTNM). Un total de 1 411 décès a été observé, incluant 319 décès par ASC. Aucun excès de risque n’a été trouvé pour cette cause globale de décès. Une tendance positive significative a été observée entre le décès par affection cérébrovasculaire (ACV) et l’exposition cumulée au radon, associée avec un ERR significatif pour 100 MTNM [ERR pour 100 MTNM de 0,49 ; intervalle de confiance à 95%(IC 95%) 0,07 à 1,23]. La forte activité physique a été identifiée comme un facteur modificateur potentiel de la relation risque-exposition.

En conclusion, pour la première fois dans une cohorte de mineurs d’uranium, les résultats suggèrent une association entre la mortalité par ACV et l’exposition cumulée au radon. Du fait d’un manque de données, nous ne sommes pas en mesure d’évaluer le rôle d’éventuels autres facteurs de risque cardiovasculaires. En conséquence, nos conclusions doivent être interprétées avec prudence.

(publié le 28 décembre 2010)