Exposition au bruit et dommages auditifs dans l’enseignement

Prevent Focus, novembre 2011, pp.14-15
Une étude a été menée dans huit établissements scolaires du Brabant flamand (Belgique) auprès de 37 enseignants dont 7 professeurs de sport dans l’objectif de mesurer leurs éventuels dommages auditifs.
Il apparaît une surcharge sonore dans les classes avec un niveau moyen mesuré oscillant entre 71 et 79 dB(A) et atteignant dans la cour de récréation, 89 voire 95 dB(A) avec un pic maximum mesuré à 127 dB (A). Le niveau personnel mesuré dépassait 85 dB (A), et même plus de 92 dB (A) pour un professeur de sport.
La résonance mesurée était partout supérieure aux valeurs conseillées, ce qui obligeait les professeurs à élever la voix, ce qui augmentait le niveau sonore.
Plus de 40% des professeurs enquêtés avaient parfois l’impression de ne pas bien entendre ou d’éprouver des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant. Cependant les résultats audiométriques ne corroborent pas ces impressions, ce qui peut s’expliquer par le fait que les enseignants de cette étude ont moins de 35 ans et moins de 10 ans d’ancienneté dans la profession. Les émissions oto-acoustiques ont toutefois montré une baisse du pourcentage (pouvant atteindre 30%) des cellules sensorielles extérieures intactes entre 4 500 Hz et 6 500 Hz.
L’infrastructure scolaire pourrait contribuer à réduire drastiquement les niveaux d’exposition au bruit en améliorant les niveaux d’absorption des murs grâce à des matériaux adaptés et en les répartissant de manière adéquate sur les murs et les plafonds afin de limiter la réverbération des sons.
Des modifications organisationnelles seraient bienvenues, telle que limiter le nombre d’enfants présents simultanément dans les salles de sport ou les cours de récréation.
Une sensibilisation aux effets nocifs du bruit pourrait être proposée aux enfants avec pourquoi pas la mise en place d’un témoin lumineux en cas de niveau sonore trop élevé dans les salles de sport.
Les professeurs de sport sont invités à utiliser un sifflet (mais en donnant des coups brefs et relativement doux), plutôt que d’élever la voix, à ne pas pousser trop fort le volume sonore de la musique et à se rapprocher des élèves pour donner les consignes.
(publié le 2 février 2012)