La prévention en milieu scolaire
Peut mieux faire, des efforts à poursuivre

A. Bondéelle, C. Ravallec, G. Brasseur, C. Larcher, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2008, n°687, p. 21-33

Selon une enquête réalisée par un syndicat d’enseignants, 67% des professeurs de lycées et collèges s’estiment soumis à un niveau de stress plus important que dans d’autres métiers. Des témoignages présentés dans cet article font état d’un métier éprouvant mais qui reste passionnant. Souvent, les équipes font preuve d’une grande cohérence et d’une réelle solidarité. Mises à part quelques journées de sensibilisation lors de la formation initiale, les professeurs sont peu instruits quant à la prévention des risques du métier malgré qu’un groupe de travail ait été créé en 1997, avec l’objectif de sensibiliser les enseignants des lycées technologiques et le personnel de laboratoire au risque biologique qui les concerne. Parallèlement, certains IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) consacrent quelques modules à des questions de prévention des risques professionnels afin de sensibiliser les futurs enseignants aux réalités du terrain. Les chefs d’établissement manquent de temps pour se consacrer à l’animation pédagogique ou pour compléter leur formation personnelle. Il est pourtant de leur mission, dans les établissements dépendant de l’éducation nationale, de transcrire et de mettre à jour au moins annuellement dans un document unique, le résultat de l’évaluation des risques. Pour en savoir plus sur les risques du métier, une méthode d’enquête nationale permanente, « SIVI » relève tous les actes de violence ayant fait l’objet de signalements. La MGEN (Mutuelle Générale de l’ Education Nationale) et le ministère de l’ Education nationale de l’enseignement supérieur et de la Recherche ont signé un accord-cadre en 2003 pour une durée de 5 ans qui prévoyait des actions à destination des personnels fragilisés ou en difficulté. En 2006, 3 400 personnes avaient bénéficié du dispositif. Dans ce métier d’enseignant, il existe toute une part d’invisible et un immense écart entre le travail réel et le travail prescrit. Dans cette mission, s’interpénètrent l’accomplissement de soi et l’utilité sociale et si la reconnaissance n’est pas au rendez-vous, la souffrance au travail devient importante.

09B0111

(publié le 2 décembre 2008)