Le stress des enseignants

F. Yassine Sciences Humaines, 2009, n°202, p. 16-21

Le malaise au travail, observé aujourd’hui dans de nombreuses professions n’épargne pas les enseignants. 67% d’entre eux estiment que le stress au travail est plus important dans leur métier que dans d’autres, 35% jugent leur santé moyenne à mauvaise (44% dans le second degré) et 93% des enseignants jugent leur profession dévalorisée et près de la moitié désirerait changer de métier (tout en restant dans la fonction publique). Les enseignants souffrent d’un manque de reconnaissance qui devient source de culpabilité. Ils « doivent faire face à de nouvelles exigences de polyvalence, de polycompétence, de participation aux équipes pédagogiques et au travail collectif, de satisfaction aussi de leurs usagers que sont les élèves en manifestant une réflexivité qui leur permette de s’adapter à des demandes sans cesse nouvelles ». La variété de ces rôles use les enseignants. D’ailleurs, les jeunes qui entrent dans le métier n’envisagent pas de l’exercer toute leur vie. Nombreux sont les professeurs submergés par l’emprise (sentiment d’être débordé par les sollicitations multiples) et la déprise (désengagement, résultat d’un sentiment d’impuissance, produisant doute, incertitude et insatisfaction au travail). Seule une action collective permettra d’affronter les nouveaux défis de cette profession : travail en équipe, partage des expériences, solidarité, construction d’une culture commune pour résoudre les problèmes de violence et améliorer le climat scolaire, management protecteur (écoute accordée au personnel, soutien actif et empathique du chef d’établissement, dialogue et coopération avec les familles). A cela devrait s’ajouter un changement radical des représentations du métier d’enseignant et une formation adéquate des nouveaux arrivants dans le métier.

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(publié le 15 juin 2009)