Les TMS dans l’agroalimentaire

A. Bondéelle, G. Brasseur, C. Ravallec, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2013, n°743, pp.13-27
Les industries du secteur agroalimentaire totalisent un quart de l’ensemble des troubles musculosquelettiques (TMS) reconnus comme maladies professionnelles et sur 451 305 personnes salariées de ce secteur, 4 490 ont été reconnues victimes de TMS (tableaux 57 et 98) en premier règlement.
L’apparition de ces TMS est en lien avec les tâches répétitives, le port de charges lourdes, l’exposition à des vibrations, les cadences rapides de production, la réduction des délais, le manque d’autonomie dans le travail, l’exposition au froid, le manque d’intégration des risques professionnels dans la conception des postes et des lieux de travail.
Les études ergonomiques ne se limiteront pas au seul poste de travail et aux gestes et postures mais devront interroger l’ensemble des chaînes afin d’améliorer les conditions d’exercice. Il faut des actions concertées et cela a déjà porté ses fruits notamment "l’action participative par branche" auprès de la filière viande menée entre 1995 et 2000 qui a permis de mettre en évidence l’importance de l’affûtage et de l’affilage des couteaux. Les actions vont se poursuivre soutenues par les Caisses régionales d’assurance maladie des travailleurs salariés.
Des projets transverses sont en place dans certaines régions regroupant un certain nombre de partenaires pas forcément spécialisés dans la prévention des TMS mais qui sont avant tout des acteurs légitimes du secteur.
D’autres filières ont entamé des réflexions et des travaux sur la prévention des TMS. C’est le cas de la FEBPF (Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie de France). Une entreprise savoyarde spécialisée en boulangerie-viennoiserie-pâtisserie prône la polyvalence obligatoire, la compétitivité sans impacter la qualité du travail, l’évolution des pratiques, et un changement de culture en intégrant les salariés dans une politique globale qualité-sécurité-environnement.
D’autres exemples sont présentés dans ce dossier : une société fromagère a multiplié les mesures de prévention : des audits croisés organisés en interne, des postes de travail aménagés, une procédure d’accueil pour les intérimaires ou les jobs d’été ; une société de fabrication de jambons ainsi qu’une entreprise de crèmes glacées ont totalement réorganisé le travail afin de rompre avec des habitudes de travail d’une autre époque.
Autant de pistes à explorer pour faire en sorte que les conditions de travail soient meilleures.
(publié le 25 novembre 2013)