Risque de blessure au travail selon le sexe dans une cohorte de salariés de l’industrie
Occupational injury risk by sex in a manufacturing cohort

B. Tessier-Sherman, L. Cantley, D. Galusha, M. Slade, O. Taiwo, M. Cullen Occupational and Environmental Medicine, 2014, vol 71, n°9, pp. 605-610. Bibliographie.

Cette étude américaine élargit les recherches antérieures et compare les risques de blessures pour les femmes et les hommes dans une cohorte de 24 000 travailleurs de la fabrication de l’aluminium aux Etats-Unis dans 15 installations de 2001 à 2010.

Les taux de blessures (tous les traumatismes, les premiers secours, le traitement médical, le travail restreint et le temps de travail perdu), par sexe, et par emploi et par sexe, ont été comparés. En utilisant une approche mixte de modélisation de l’effet, les odds ratio (ORs) et leurs intervalles de confiance à 95 % (IC) ont été calculés après ajustement sur l’âge, l’ancienneté au poste, l’origine ethnique et l’année comme des effets fixes, la personne ainsi que le travail et l’usine comme des effets aléatoires. De plus, les auteurs ont modélisé les données stratifiées par type d’usine pour étudier les différences potentielles ainsi les risques de blessures entre la fonderie (généralement reconnue comme plus dangereuse) et des environnements de production en fabrication.
Les résultats ont montré que le risque de blessures était plus élevé pour les femmes pour quatre des cinq types de blessures : tous les traumatismes : OR = 1,58 ; IC de 1,48 à 1,67 ; les blessures ayant nécessité des premiers secours : OR = 1,61 ; IC de 1,54 à 1,70 ; les blessures ayant nécessité un traitement médical : OR = 1,18 ; IC de 1,03 à 1,36 ; les blessures ayant nécessité un travail restreint : OR 1,65 ; IC de 1,46 à 1,87.
Aucune différence dans le risque de temps de travail perdu, selon le sexe, n’a été trouvée dans cette cohorte. Les analyses stratifiées par type d’usine ont montré que le risque de blessures était aussi élevée chez les femmes, bien que les estimations de risque étaient plus élevées dans les fonderies que dans les usines de fabrication.

En conclusion, il s’agit de la plus grande étude sur le risque de blessure effectuée dans ce type d’industrie, selon le sexe avec des données suffisantes pour pouvoir ajuster de façon appropriée sur le travail. Le risque de blessures est plus élevé pour les femmes que pour les hommes en fonderies et en usine de fabrication.

(publié le 24 novembre 2014)