Une étude cas-contrôle de l’exposition professionnelle aux fluides de coupe et du risque de cancer de la vessie chez les hommes
A case-control study of occupational exposure to metalworking fluids and bladder cancer risk among men

J. Colt, M. Friesen, P. Stewart, P. Donguk, A. Johnson, M. Schwenn, M. Karagas, K. Armenti, R. Waddell, C. Verrill, M. Ward, L. Beane Freeman, L. Moore, S. Koutros, D. Baris, D. Silverman Occupational and Environmental Medicine 2014, vol 71, n°10, pp. 667-674. Bibliographie.

Le travail des métaux a été associé à un excès de risque de cancer de la vessie dans plus de 20 études. Ces fluides de coupe (MWF) sont soupçonnés d’en être à l’origine, mais les données épidémiologiques sont limitées. Cette étude américaine étudie cette association chez les hommes pour le cancer de la vessie dans le centre d’étude du cancer de la vessie de la Nouvelle Angleterre, à l’aide de méthodes d’évaluation quantitatives.

894 cas et 1 031 contrôles ont fourni leurs antécédents professionnels au cours d’entretiens individuels. Pour certains emplois, des informations sur l’utilisation de trois types de fluides de coupe : entiers (huile minérale, additifs), solubles (huile minérale, eau, additifs) et synthétiques (eau, organiques, additifs) ou semi-synthétiques (hybride soluble et synthétique). Les odds ratios ont été calculés avec leurs intervalles de confiance pour le risque de cancer de la vessie pour différentes variétés de paramètres d’exposition, avec ajustement sur le tabac et autres facteurs. Les salariés non métallurgistes qui avaient occupé des emplois avec exposition possible à l’huile minérale ont été analysés séparément.

Les résultats ont montré que le risque de cancer de la vessie est accru chez les hommes qui ont déclaré utiliser des fluides de coupes entiers (OR = 1,7 ; IC 95 % 1,1,à 2,8) ; le risque augmentait de façon « monotone » avec l’exposition cumulée (p = 0,041). Utiliser des fluides de coupe solubles a été associé à un risque accru de 50 % (IC 95 % 0,96 à 2,5). Les ORs n’ont pas été élevés de façon significative pour les fluides de coupe synthétiques ou semi-synthétiques (faible effectif). Les salariés non métallurgistes exposés possiblement à l’huile minérale ont un risque accru de 40 % (IC 95 % 1,1 à 1,8).

L’exposition à des fluides de coupe entiers a été associée à une augmentation significative de risque de cancer de la vessie, de même que leur emploi chez les métallurgistes avec exposition possible à l’huile minérale. Ces résultats renforcent la preuve préalable que l’huile minérale est un cancérogène de la vessie.

(publié le 15 janvier 2015)