Evaluation de la pénibilité des activités des soudeurs dans la réparation navale

D. Lucas, A. Le Gall, P. Capellmann, L. Cael, M-L. Parod, D. Jegaden Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2017, vol.78, n°3, pp. 231-238. Bibliographie
Le secteur de la réparation navale est un secteur fortement accidentogène mais également pourvoyeur de maladies professionnelles : tableau 30 et 30 bis (en lien avec l’amiante) et tableau 57 (TMS).
Dans le cadre de la genèse des TMS, une analyse des facteurs de contrainte cardiaque en fonction de l’activité de travail réel et de l’exposition au bruit a été menée.
5 soudeurs âgés de 35 à 45 ans ont été inclus dans l’étude.
L’évaluation cardiaque a été réalisée par cardiofréquencemétrie sur 2 jours avec suivi continu des activités. Il ressort de cette analyse, que les soudeurs ayant travaillé à bord ont une activité de travail qualifiée de " plutôt lourde " ou " lourde" selon l’échelle de cotation de Meunier, et que ceux ayant travaillé en atelier ont des niveaux de pénibilité plus bas, cotés de "léger" à "plutôt lourd".
L’analyse des fréquences de récupération cardiaque suite à un effort intense montre des résultats satisfaisants sur 11 tracés, mais 9 tracés ne respectent pas les critères de Brouha.
L’exposition au bruit est variable selon les activités, et les équipements utilisés avec un niveau sonore quotidien allant de 74,5 dB à 99,8 et 101,6 dB selon les ateliers. Le niveau de pression acoustique de crête a même dépassé les 137 dB (C) à 2 ou 3 reprises. Les niveaux de bruit sont particulièrement élevés pour la soudure arc-air et les travaux de meulage.
Il n’a pas été relevé de corrélation entre les niveaux sonores et les profils cardiaques ; et les variations d’astreinte sont liées à de la manutention, des postures contraignantes maintenues dans le temps et le port des EPI respiratoires.
Une vigilance particulière doit être apportée à la prévention des risques cardiovasculaires au sein de cette population qui est également exposée aux fumées de soudure (soupçonnées d’augmenter le risque cardiovasculaire).
(publié le 2 octobre 2017)