Rhinite et asthme en relation avec les activités de soudage et de brasage

E. Penven Références en Santé au Travail, 2016, n°147, pp.105-117. Bibliographie

Quel que soit le procédé utilisé, le soudage engendre des fumées qui peuvent être inhalées par l’opérateur ou les personnes travaillant à proximité. Ces fumées sont constituées de gaz et de particules solides métalliques et d’oxydes métalliques. Elles proviennent à 95% des produits d’apport et à moins de 5% du métal de base.

Le brasage correspond à l’assemblage de deux pièces métalliques à l’aide d’un métal de nature différente. Lors du brasage tendre, les principaux polluants sont la colophane et ses produits de décomposition. Lors du brasage fort, en plus des borates et des fluorures dépendant des flux, sont émis des polluants particulaires comme les oxydes de cadmium, de cuivre, de zinc ...

Les fumées de soudage semblent être à l’origine de rhinite et d’asthme.
Certains cas d’asthme professionnel (AP) aux fumées de soudage sont imputables à un mécanisme purement irritatif, soit par le biais d’une exposition accidentelle à de fortes concentrations de polluants, soit par le biais d’expositions répétées à des concentrations de fumées plus modérées.
Certains constituants des fumées peuvent être à l’origine de cas de rhinite et d’asthme immuno-induits : oxydes métalliques (nickel, chrome, aluminium, zinc...), anhydrides d’acides, colophane.
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et l’évaluation des risques lors des situations de travail. Il est confirmé par un examen clinique, le résultat des prick tests, un bilan fonctionnel respiratoire et éventuellement la recherche d’IgE spécifiques vis-à-vis des pneumallergènes les plus fréquents.

La prévention repose sur une réduction de l’émission des fumées de soudage, la modification des procédés, une captation des fumées à la source, une ventilation générale et un contrôle rigoureux du niveau d’exposition aux fumées émises.
Si ces dispositifs se révèlent insuffisantes, il faut proposer une prévention individuelle (appareil de protection respiratoire).

A l’embauche, seront recherchés un terrain atopique, l’existence d’une rhino-conjonctivite et/ou d’un asthme ou d’une autre pathologie respiratoire chronique.
Des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) serviront d’examen de référence. Au cours des visites ultérieures, seront recherchés les signes évocateurs d’une rhino-conjonctivite ou d’un asthme de novo ou aggravé par le travail. Des EFR à intervalles réguliers permettront d’identifier une obstruction bronchique débutante.
La co-exposition aux fumées de tabac et de soudage semblant être un facteur d’accélération du déclin de la fonction respiratoire, il faut inciter les soudeurs à arrêter de fumer.

En ce qui concerne la réparation, il n’existe pas de tableau de maladie professionnelle spécifique concernant les affections de type rhinite ou asthme liés à l’exposition aux fumées de soudage.
La réparation peut se faire au titre des tableaux 66 et 37 bis du régime général, voire par l’intermédiaire du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.
Les accidents aigus feront l’objet d’une déclaration d’accident du travail.

(publié le 29 novembre 2016)