Conséquences auditives de la musique de forte intensité chez les musiciens d’orchestre

F. Lesné-Bavozet Médecine des Arts, 2008, n°64-65, p.10-14. Bibliographie.
Sur les 46 musiciens d’un orchestre de Franche-Comté comportant 36 permanents, 15 musiciens ont participé librement à un bilan audiométrique mais seuls 14 ont été retenus. Ces 14 musiciens pratiquaient la musique 32 heures par semaine en période de concerts et 27 heures par semaine en dehors de ces périodes. Si 6 musiciens ne ne plaignaient d’aucun signe fonctionnel, les 8 autres se plaignaient essentiellement d’hypoacousie à la fin d’un concert, et parfois d’acouphènes. 8 musiciens sur les 14 présentaient une perte unilatérale ou bilatérale plus ou moins sévère, prédominant sur les 4000 ou 6000 Hz. Les musiciens ne présentant pas d’anomalie avaient en moyenne 28 ans alors que ceux qui étaient atteints avaient en moyenne 48,1 ans. La catégorie des cuivres présente une perte importante sur les aigus et notamment sur l’oreille gauche. La perte auditive est la résultante de plusieurs facteurs : les traumatismes sonores répétés des instruments mais aussi la proximité avec les percussions . Chez les cordes il n’y a pas de différence majeure entre les deux oreilles. Il apparaît que l’audition moyenne des musiciens est atteinte plus précocement que pour une population de même âge. "C’est vers 25-39 ans que la population se démarque de la population générale avec une baisse d’acuité auditive sur l’ensemble des fréquences. Avec l’âge (40-49 ans), l’écart est toujours présent mais semble augmenter sur les aigus. Pour les sujets plus âgés (55-69 ans), l’écart diminue sur les graves mais s’inverse sur les aigus". Il convient de mettre en place une stratégie préventive compatible avec le métier de musicien, car d’asymptomatique en début de carrière, l’atteinte auditive devient marquée avec le temps.
(publié le 7 avril 2010)