Des pathologies des guitaristes

A-F. Arcier Médecine des Arts, 2012, n°72, pp.44-48. Bibliographie

Cet article rapporte des troubles exceptionnels survenus chez des guitaristes.
Il en est ainsi de :

  • une mastite traumatique du sein en lien avec la pression du bord de la guitare classique contre le mamelon, survenue chez 3 jeunes filles de 8 à 10 ans ;
  • la thrombose d’une veine profonde, résultant de la flexion prolongée d’une jambe croisée sur l’autre et supportant la caisse de la guitare sur la face médiale de la cuisse ;
  • une acro-ostéolyse des extrémités chez un jeune de 18 ans, liée à la pression très ferme des cordes contre le manche ;
  • des pathologies dermatologiques allergiques exacerbées par les microtraumatismes répétés exercés sur les doigts ; et entretenues par une hyperhydrose ou une vasoconstriction créée par une anxiété de performance ;
  • une fracture du radius chez un guitariste électrique, induite par une contracture musculaire lors d’un accident électrique ;
  • le doigt à ressaut avec blocage intermittent du tendon fléchisseur dans la gaine et ce sur six doigts d’un guitariste de 46 ans jouant en moyenne 3 heures par jour spécialement le week-end ;
  • une paralysie partielle du nerf interosseux antérieur avec une défaillance complète du fléchisseur commun au niveau de l’index, causée par la compression de la branche du médian par le bras prenant appui sur le bord saillant de l’instrument ;
  • une fracture de la rotule chez un joueur de guitare sans guitare, simulant le jeu, qui pour épater le public a réalisé des sauts enthousiastes et des bonds sur scène.

Il faut tirer de ces situations anecdotiques une leçon de prévention : adapter la pratique à la situation physiologique, effectuer des pauses, éviter le travail statique prolongé et les postures figées, apprendre à gérer ses efforts, prévenir les syndromes de surmenage, privilégier l’ergonomie du geste et une posture adéquate.

(publié le 5 septembre 2012)