Exposition aux dispositifs d’éclairage scénique : risque pour la santé des professionnels du spectacle vivant ou enregistré

S. Salsi, A. Barlier-Salsi Radioprotection, 2013, vol.48, n°3, pp.391-410. Bibliographie.
Lors d’un spectacle, l’éclairagiste doit mettre en œuvre plusieurs centaines de projecteurs, de puissances diverses, programmés pour fonctionner à des moments particuliers et pendant des durées déterminées. Il existe bien une directive européenne 2006/25/CE (Parlement européen,2006) relative à l’exposition des travailleurs aux rayonnements optiques artificiels (ROA) qui définit des grandeurs énergétiques à déterminer dans différents domaines spectraux et spécifie les valeurs limites d’exposition correspondantes.
Mais le "plan lumière" est différent à chaque spectacle et les données disponibles sont peu ou prou utilisables, car caractéristiques de conditions d’utilisation spécifiques et donc difficilement transposables.
La norme EN 62471 (2008) permet de répondre à cette problématique et propose un schéma de classification traduisant les risques photobiologiques produits. 4 groupes de risque sont identifiés : groupe de risque 0, GR (0) : sans risque ; groupe de risque 1, GR (1) : faible risque ; groupe de risque 2, GR (2) : risque modéré , groupe de risque 3, GR (3) : risque élevé. Mais cette classification s’applique à un seul et unique appareil et plusieurs projecteurs répertoriés GR (0) fonctionnant ensemble peuvent produire des risques non négligeables.
Une étude a donc été menée afin d’évaluer les risques associés à 63 projecteurs différents. 57 projecteurs étudiés sont classés GR(3) et 6, GR(2). Ils peuvent entraîner des affections oculaires : photokératites, photoconjonctivites, voire affections retardées telles que cataractes, mais aussi des affections cutanées telles que érythème, œdèmes, phlyctènes, voire à long terme une élastose, un vieillissement de la peau, des carcinomes ou des mélanomes. Le schéma proposé par la norme n’est pas suffisant pour évaluer les risques associés à un "plan lumière" composé de plusieurs projecteurs et l’utilisation d’outil de simulation parait indispensable.
Une solution pourrait être apportée par les pavés LED s mais il conviendra de s’assurer qu’une exposition chronique à la lumière bleue n’est pas nocive pour la rétine.
(publié le 31 octobre 2013)