Inflammation chronique et maladies articulaires chez les danseurs classiques

Médecine des Arts, avril 2015, n°79, pp. 32-42. Bibliographie
Une étude a été menée dans une population de 13 danseuses classiques de São Paulo au Brésil, ayant une pratique de 4 à 6 h de danse cinq jours par semaine ; avant l’étude, les danseuses n’avaient pas pratiqué la danse pendant 72 h.
A la suite d’un cours de danse classique de 70 minutes, une prise de sang a été réalisée avant et juste après cette séance ainsi que 18h après.
Les résultats montrent qu’un simple cours de danse provoque la libération d’enzymes des muscles squelettiques : la créatine-kinase (CK) et la lactico-déshydrogénase (LDH), témoin d’une lésion musculaire. 18h après le cours de danse, on note une nécrose des neutrophiles (les rendant moins réceptifs aux stimuli) et des niveaux diminués de cytokines anti-inflammatoires (témoin d’un état inflammatoire persistant).
L’inflammation chronique qui provient d’un épisode de repos non respecté entraîne une activation constante du système immunitaire et peut avoir des conséquences néfastes sur la santé du danseur.
L’afflux des neutrophiles vers les sites inflammatoires peut être le facteur principal impliqué dans le développement de l’arthrite, de l’arthrose et des autres pathologies articulaires inflammatoires.
Il parait dès lors indispensable de "protéger les danseuses des infections par micro-organismes qui résulteraient de l’immunodépression transitoire immédiatement consécutive au cours de danse mais aussi pour prévenir la baisse de performance des danseuses que pourrait générer une inflammation chronique".
(publié le 17 août 2015)