Prévalence et incidence des pathologies observées chez les danseurs classiques

A.V. Bruyneel, V. Larcher Médecine des Arts, 2007, n°62, p. 13-20. Bibliographie

Une étude a été menée chez 105 adolescents danseurs classiques issus d’une école de danse. L’âge moyen est de 13,96 ± 3,71 ans. Le nombre d’heures de pratique par semaine varie entre 8 h et 25 h. Au terme d’un an de suivi des élèves, il apparaît que 80% d’entre eux ont été blessés (73% des garçons et 82% des filles). Le pourcentage progresse en fonction de l’âge, tant chez les garçons que chez les filles. Quel que soit le genre, les pathologies concernent majoritairement les membres inférieurs et en particulier la cheville et le genou. Les pathologies les plus fréquentes sont les entorses, les tendinopathies, les contractures musculaires et les syndromes fémoro-patellaires. Cette répartition est pratiquement similaire pour les filles et pour les garçons. Le syndrome du carrefour postérieur, pathologie fonctionnelle spécifique de la danse classique liée à la pratique des pointes, est présent chez 15% des filles. « Les pathologies observées sont avant tout liées à l’hyperlaxité du danseur dans un contexte où les exigences corporelles d’équilibre, de coordination et de force musculaire sont importantes ». L’apprentissage du danseur induit des déséquilibres musculaires qui provoquent à long terme les pathologies de surcharge et fonctionnelles. Pour diminuer l’incidence de ces pathologies, la pédagogie est importante : le danseur doit connaître la physiologie des articulations, zones de mobilité et surtout quels mouvements sont permis afin de pouvoir travailler l’ensemble des mouvements en respectant les limites physiologiques de chaque zone corporelle. Le danseur doit aussi visualiser le geste qu’il va réaliser afin d’optimiser la coordination et l’organisation dynamique des différents segments du corps dans l’espace. Pour une meilleure conscience du mouvement, le danseur doit faire un apprentissage dans la lenteur et quand le mouvement avec toutes ses composantes sera parfaitement intégré, il pourra en accélérer l’exécution jusqu’à l’accomplir pleinement dans l’espace, avec la conscience de tout son corps. Comme c’est le corps entier qui réalise le mouvement, il faut intégrer le travail du haut du corps en complément du bas du corps. Alors, la découverte d’un nouveau mouvement ne sera plus source de stress mais au contraire source de plaisir.

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(publié le 15 juin 2009)