Prévention dans les arts du spectacle

A. Chapouthier, Y. Ganem, C. Grusenmeyer, L. Laborde, C. Larcher, J.P. Zana Hygiène et sécurité du travail, 2009, n°215, p.35-46. Bibliographie
Le domaine des arts du spectacle présente différentes spécificités qui doivent être prises en compte afin de mieux prévenir les risques variés auxquels les opérateurs peuvent être exposés. Il s’agit d’un secteur aux multiples métiers employant entrepreneurs, employeurs occasionnels (qui sont le plus souvent des collectivités territoriales ou des associations), des directeurs techniques, des réalisateurs ou des metteurs en scène, des personnels administratifs, des artistes et des techniciens aux contrats variés. Beaucoup d’artistes et de techniciens sont des salariés intermittents occupés de façon discontinue sur des emplois de courte durée, en général par de multiples employeurs. Ce secteur se caractérise par un nombre important d’établissements et un volume d’emploi équivalent à celui du secteur automobile. La durée moyenne d’un contrat d’un artiste ou d’un technicien du spectacle est inférieure à une semaine.
En 2006, les accidents les plus fréquents sont les accidents de plain-pied, ceux liés aux manutentions manuelles et aux chutes de hauteur. Viennent ensuite les accidents liés à des véhicules, des masses en mouvements, l’utilisation d’outils ou de machines.
Les risques professionnels s’inscrivent dans un contexte particulier. L’organisation du travail repose peu souvent sur des consignes ou des prescriptions de sécurité. La création prime et la mise en place de mesures de prévention est parfois ressentie comme une entrave au travail artistique. S’y ajoutent de multiples acteurs avec diverses logiques d’action, des changements permanents et des situations inédites, des risques liés à la co-activité, des lieux inadaptés, des technologies variées, des cumuls de tâches, des horaires atypiques et variables, des contraintes temporelles importantes.
La démarche de prévention doit suivre le schéma classique : analyse et évaluation des risques professionnels en tenant compte de la co-activité. Le document unique est élaboré par chaque employeur pour son personnel. Les CHSCT sont rares eu égard à la petitesse des structures qui emploient. C’est pour cela qu’a été mis en place un CCHSCT, comité central d’hygiène de sécurité et des conditions de travail : il s’agit d’une association paritaire engageant des délégués chargés d’assurer les actions de prévention de sécurité et d’information des employeurs et des salariés.
La surveillance médicale des salariés est confiée au Centre médical de la Bourse et les visites demeurent annuelles.
La prise en compte de la santé et de la sécurité doit se faire le plus en amont possible et une réunion de conception préalable doit être organisée, associant tous les acteurs. "La prévention n’est pas l’affaire d’un spécialiste mais doit être partagée par tous ceux qui interviennent dans la vie d’une production".
Le monde du spectacle est assujetti aux obligations générales de santé et de sécurité mais fait aussi l’objet de réglementations ou d’accords conventionnels spécifiques.
(publié le 11 janvier 2010)